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Des Carmina Burana pour percussions et chœur !

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Salerno. Teatro Municipale Giuseppe Verdi. 30-IV-2011. Carl Orff (1895-1982) : Carmina Burana. Mina Yamazaky, soprano ; Matthias Rexroth, contreténor ; Dietrich Henschel, baryton. Coro del Teatro dell’Opera di Salerno (chef de chœur : Luigi Petrozziello). Coro di voci bianche del Teatro Giuseppe Verdi di Salerno (chef de chœur : Silvana Noschese) Orchestra Filarmonica Salernitana Giuseppe Verdi, direction : Ariel Zuckermann

Orchestra Filarmonica Salernitana G. Verdi

Les Carmina Burana, un recueil de chansons profanes en latin, allemand et français anciens, devrait développer, selon l’idée de , le Theatrum mundi, à savoir un dramatisme où «action/mouvement» et parole sont inséparables. En réalité la plupart des productions contemporaines réduisent l’œuvre à une cantate profane où les chanteurs et le chœur sont superposés en filigrane à d’images magiques.

Quoiqu’il en soit cette œuvre imposante, requiert une scène aux dimensions adéquates ce qui n’est pas le cas du théâtre G. Verdi de Salerno. En fait l’apparat scénique se présentait pour cette occasion très saturée par la présence de nombreux exécutants au point que les percussions étant obligées de se séparer de l’ensemble orchestral. Choix qui d’un point de vue sonore, n’a pas beaucoup payé. Protagonistes absolues dans l’interprétation de , elles se sont imposées en dépit des cordes qui ont parfois peinées à suivre. Les changements soudains de rythmes se révélant un véritable problème !

Le mouvement le plus célèbre, O Fortuna, qui ouvre et clôture l’œuvre, est sans doute le moment le plus suggestif. Le texte qui rappelle la magie de la Roue de la Fortune, associé à la puissance sonore, exerce sur l’auditeur un effet absolument particulier, le plongeant dans une sorte de rituel tantrique. Le chœur assez convaincant dans cette pièce, surtout au niveau de la masse sonore, n’assure pas bien, tout au long de l’œuvre, les nuances de pianissimo. Le chœur d’enfants est en revanche remarquable. Dommage qu’il soit cantonné dans le coin le moins visible de la scène !

Quant aux solistes, ils ne brillent pas pour leur performance. Le baryton fatigue beaucoup à exécuter les aigus avec comme résultat des sons pratiquement «aphones». Sa prononciation très imprécise et très dure s’approche par moment du hurlé. A la limite du ridicule le contreténor Matthias Rexroth, dont la présence physique est en nette contradiction avec sa voix extrêmement fine. Sans doute est meilleure la performance de Mina Yamazaki, correcte mais pas impressionnante. Son interprétation est sobre, l’intonation précise, mais elle ne suscite aucune frisson.

Malgré tout le public paraît aimer au point que Zuckermann, visiblement épuisé et ému, décide de contenter l’auditoire de deux bis dont l’immanquable O Fortuna.

Crédit photographique : © DR

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Salerno. Teatro Municipale Giuseppe Verdi. 30-IV-2011. Carl Orff (1895-1982) : Carmina Burana. Mina Yamazaky, soprano ; Matthias Rexroth, contreténor ; Dietrich Henschel, baryton. Coro del Teatro dell’Opera di Salerno (chef de chœur : Luigi Petrozziello). Coro di voci bianche del Teatro Giuseppe Verdi di Salerno (chef de chœur : Silvana Noschese) Orchestra Filarmonica Salernitana Giuseppe Verdi, direction : Ariel Zuckermann

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