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Nielsen, Le retour à Palestrina

Aller + loin, Dossiers

« Une affiche de concert jaunie par le temps et abandonnée à sa solitude dans un dossier oublié est-elle à jamais condamnée au silence ? Nous voulons croire que ce triste destin apparemment inexorable mérite de recevoir un démenti cinglant, ne serait-ce que le temps d’une lecture. » Voilà comment débute ce dossier élaboré par le président fondateur de l’Association française Carl Nielsen. Pour accéder au dossier complet : Sur les traces de Carl Nielsen

 

Nous sommes en 1929. a 64 ans. Depuis bien des années déjà il jouit d’une immense réputation dans l’ensemble de la Scandinavie. Tout semble lui sourire et pourtant il ne peut s’empêcher d’exprimer insatisfaction et doutes. Insatisfaction, car il considère que son talent aurait dû lui apporter une gloire internationale plus marquée à l’instar de celle dont bénéficie son collègue Jean Sibelius. Doutes, car face à l’évolution de la musique et à la fascination qu’elle exerce sur les plus jeunes générations, il se demande ce que va devenir son œuvre menacée de rapidement sombrer dans l’oubli et la désuétude.

A son crédit pourtant on reconnaît son assimilation intelligente et personnelle du legs du romantisme européen de ses premières années (Suite pour cordes), son engagement dans le post-romantisme compris et inspiré enrichissant l’héritage brahmsien (Symphonies n°1 et 2), son élaboration d’une voie nouvelle et hautement caractéristique de son originalité (Symphonies n°3, 4 et 5), sa traduction remarquable et attachante d’un langage néoclassique (Concerto pour flûte et orchestre), son admiration respectueuse du massif mozartien (Maskarade, Quintette à vent) et enfin son ouverture tempérée vers une certaine modernité contemporaine à la recherche de nouveaux canons (Symphonie n°6, Concerto pour clarinette et orchestre, pièces pour violon seul). Quelles voies allaient emprunter tous ces langages nouvellement apparus ?  s’interrogeait sans cesse, douloureusement presque, sur le fond et sur la forme de cette inquiétante problématique, sans parvenir à exprimer un engagement bien dessiné. Son souci affiché de ne pas s’appuyer sur ses acquis créateurs l’oblige à envisager un constant renouvellement de son travail de compositeur. Mais, parvenu à ce stade de son parcours personnel et confronté à celui de la musique européenne, aucun choix ne s’impose avec une intensité suffisante pour emporter son adhésion. Un autre facteur vient compliquer la situation. Sa santé déclinante le prive d’une partie des ingrédients indispensables à la concentration et l’expression d’une pensée qui ne veut exigeante avec elle-même.

C’est dans ce contexte que Carl Nielsen, curieux et accueillant, se retourne sur le passé lointain de la musique et opère une sorte de re-visitation de la musique du 16e siècle. Un retour à qui trouve son illustration dans l’élaboration des Trois Motets pour chœur mixte a cappella, opus 55.

Lire l’étude : Le retour à Palestrina : les Trois Motets op. 55 (1929)

 

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