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Rossini à Milan, combat entre les générations

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Milan. Teatro Alla Scala. 09-VII-2011. Gioachino Rossini (1792-1868) : L’Italiana in Algeri, dramma giocoso en deux actes. Mise en scène, décors et costumes : Jean-Pierre Ponnelle ; reconstitution de la mise en scène : Lorenza Cantini. Avec : Simon Lim, Mustafà ; Pretty Yende, Elvira ; Kleopatra Papatheologou, Zulma ; Valeri Turmanov, Haly ; Enrico Iviglia, Lindoro ; Silvia Tro Santafé, Isabella ; Filippo Fonfata, Taddeo. Chœurs et orchestres de l’Académie de La Scala de Milan, direction : Antonello Allemandi


Le mois de juillet est l’occasion d’un retour sur la scène milanaise de l’illustre production de l’Italienne à Alger de vue, et usée jusqu’à la corde, sur presque toutes les scènes de la terre ! Depuis sa création, en 1983, tous les grands chanteurs rossiniens se sont produits, à travers le monde, dans ces costumes et ces décors. Deux castings sont proposés à Milan, l’un avec des valeurs sûres (Michele Pertusi et Lawrence Brownlee) et l’autre avec des jeunes chanteurs issus (comme le chœur et l’orchestre) de l’opéra studio milanais. La pression était donc maximale sur ces artistes en devenir confrontés à une œuvre qui est tout sauf facile !

La direction était confiée à un solide routier : . Ce dernier doit composer avec un orchestre pas franchement au fait des exigences rossiniennes et d’une rare aigreur dans ses sonorités (les cordes !). Orchestralement la soirée est assez difficile pour les oreilles sans oublier que la tension théâtrale et la magie musicale sont désespérément absentes de cette lecture. Composé de jeunes lui aussi, le chœur est bien plus satisfaisant et l’on retrouve, comme avec leurs glorieux ainés, ce même sens des couleurs et cette homogénéité indispensables.

Le plateau était particulièrement inégal. Seule professionnelle aguerrie de la distribution, est une Isabella convaincante mais qui manque de charisme vocal et scénique. est un Lindoro techniquement au point et au timbre aérien et délicat ; il restera comme la découverte de la soirée. Le Mustafà de est par contre à oublier derechef, même si le chanteur est scéniquement enragé, sa performance vocale est des plus décevantes : le timbre est laid et l’artiste est trop souvent fâché avec la justesse. Lauréate du concours Bellini de France (en 2010), possède des moyens intéressants mais doit travailler une personnalité vocale pour l’instant trop aseptisée et neutre pour séduire. Les autres chanteurs livrent des prestations correctes mais si l’on excepte le timbre séduisant de Kleopatra Papatheologou, ces jeunes manquent de caractérisation vocale.

La mise en scène de (du moins ce qui peut en rester) peine aussi  à passer les années. Certes, rien n’est incohérent dans cette vision de l’orient très Viollet-Le-Duc, mais cela fait quand même poussiéreux avec des gags qui ne font presque plus rire. C’est à l’image sépia des décors et des costumes.

Cette production ne sera pas notre meilleur souvenir à La Scala. Certes, il est indispensable d’aider les jeunes artistes mais ce costume rossinien, trop large et trop lourd, était-il le meilleur moyen de les aider à faire des premiers pas dans la carrière ?

Crédit photographique : Brescia e Amisano, Teatro alla Scala

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Milan. Teatro Alla Scala. 09-VII-2011. Gioachino Rossini (1792-1868) : L’Italiana in Algeri, dramma giocoso en deux actes. Mise en scène, décors et costumes : Jean-Pierre Ponnelle ; reconstitution de la mise en scène : Lorenza Cantini. Avec : Simon Lim, Mustafà ; Pretty Yende, Elvira ; Kleopatra Papatheologou, Zulma ; Valeri Turmanov, Haly ; Enrico Iviglia, Lindoro ; Silvia Tro Santafé, Isabella ; Filippo Fonfata, Taddeo. Chœurs et orchestres de l’Académie de La Scala de Milan, direction : Antonello Allemandi

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