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Le concerto de Reger : une grande œuvre ignorée

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Max Reger (1873-1916) : Concerto pour violon op. 101 (orchestration révisée par Adolf Busch) ; 2 Romances pour violon et orchestre de chambre op. 50 ; Air (extrait de la Suite pour violon et piano op. 103A, transcription de Max Reger). Kolja Lessing, violon ; Orchestre symphonique de Göttingen, direction : Christoph-Mathias Mueller. 1 CD Telos Music TLS097. Code barre : 881488000979. Enregistré du 8 au 10 septembre 2009 en l’Église Saint-Athanase de Hanovre. Notice bilingue (allemand, anglais). Durée : 78’56’’

 

L’œuvre de Reger est décidément aussi étendue que variée. Ses compositions pour violon sont de grande valeur, surtout si l’on songe qu’il ne pratiquait pas cet instrument. Cet album propose tout ce qu’il a écrit pour violon et orchestre. Les Romances, qui semblent faire écho à celles de Beethoven, ont un délicieux parfum nostalgique. Leur langage raffiné est bien servi par , qui, comme pianiste et comme violoniste, explore les répertoires peu connus (Charles-Valentin Alkan, Berthold Goldschmidt).

Le Concerto de 1908 est d’une toute autre envergure, et compte certainement parmi les œuvre importantes du genre. Mais alors pourquoi le joue-t-on si peu ? Il faut bien avouer que la partition est redoutablement longue et difficile pour le soliste. En outre, la partie orchestrale semble avoir toujours fait l’objet de critiques, en premier lieu de la part du compositeur lui-même. en a donc exhumé une révision due au célèbre violoniste et grand ami de Reger, Adolf Busch (1891-1952). Celui-ci reconnaissait n’avoir « quasiment rien gardé » de l’orchestration originale, en respectant néanmoins les intentions du compositeur.

Il s’agit du premier enregistrement mondial de cette version révisée. Les spécialistes de Reger pourront juger de sa fidélité au style de l’auteur. En tout état de cause, elle sonne bien, dans une perspective souvent allégée, et les moments opaques sont plutôt à mettre sur le compte d’un orchestre peu énergique, voire précautionneux dans le dernier mouvement. Le violoniste souffre un peu des mêmes symptômes dans les passages qui demanderaient le plus d’intensité. La sonorité, certes élégante, manque de chair et de couleurs dans les longues phrases du mouvement lent, comme dans l’Air extrait de la Suite pour violon. Néanmoins, il s’agit d’une interprétation de très bon niveau. Toutes les difficultés, notamment rythmiques, sont surmontées, et les phrasés sinueux sont traités avec subtilité. Le sérieux et la modestie de ce jeu correspondent finalement au style d’Adolf Busch, « absolument noble et pur », tel que le définissait André Tubeuf. Un ajout utile à la
discographie très réduite de ce concerto.

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Max Reger (1873-1916) : Concerto pour violon op. 101 (orchestration révisée par Adolf Busch) ; 2 Romances pour violon et orchestre de chambre op. 50 ; Air (extrait de la Suite pour violon et piano op. 103A, transcription de Max Reger). Kolja Lessing, violon ; Orchestre symphonique de Göttingen, direction : Christoph-Mathias Mueller. 1 CD Telos Music TLS097. Code barre : 881488000979. Enregistré du 8 au 10 septembre 2009 en l’Église Saint-Athanase de Hanovre. Notice bilingue (allemand, anglais). Durée : 78’56’’

 
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