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Le Messie est (bien) venu… en l’abbatiale Saint-Robert

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

La Chaise-Dieu. Abbatiale Saint-Robert. 22-VIII-2011. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : The Messiah HWV 56. Hana Blažíková, soprano ; Delphine Galou, alto ; Markus Brutscher, ténor ; Marián Krejčík, basse ; Collegium & Collegium Vocale 1704, direction : Václav Luks.

Pour sa quatrième participation au Festival de La Chaise-Dieu, et ses ensembles Collegium & Collegium Vocale 1704 ont gâté le public avec deux programmes. Un premier concert avec la cantate Tönet, ihr Pauken ! Erschallet, Trompeten ! BWV 214 de Bach et le Te Deum de Zelenka puis un second avec l’emblématique Messie de Haendel.

Nous avons tous dans l’oreille le son des ensembles britanniques et leur couleur typique. Alors, que vont nous offrir ces musiciens tchèques ?

Après l’ouverture, le ténor propose le récitatif Comfort ye. À l’aise, souriant, il est convaincant et, comme le texte qu’il chante, il est rassurant. Le chœur enchaîne And the glory of the Lord avec l’enthousiasme de sa jeunesse. L’air suivant pour alto met en valeur… l’orchestre qui est « like a refiner’s fire », comme le feu du fondeur ! Ses violons seront excellents à la fin du Glory to God. La soprano n’est pas assez engagée (musicalement s’entend !) en particulier dans le Rejoice greatly, O daughter of Sion. Le chœur, s’il manque un peu de couleurs et d’homogénéité musicales, s’exprime beaucoup : pianos et fortes alternent judicieusement et la fugue And with His stripes est très lisible. On retrouve, avec plaisir, l’expressivité de . Il théâtralise fort agréablement son récitatif Thy rebuke hath broken His heart. De même dans Thou shalt break them où sa posture et son intonation accentuent la violence du texte. Le chœur, dans toutes ses interventions, fait ressortir les différents plans sonores de la partition, en particulier dans The Lord gave the word. Le voici, le voilà, ce chœur que tout le monde attend : Hallelujah ! Peut-être un peu rapide mais chanteurs et spectateurs suivent. Et, mauvaise habitude, quelques applaudissements sortent du public…Non, le Messie n’est pas terminé !

Le chœur donne son meilleur dans Since by man… Ce qui ne sera pas le cas de la basse dans The trumpet shall sound : l’air est trop chanté, l’ornementation (superflue) est ratée. Le dialogue basse-trompette n’est pas mis en valeur. L’instrumentiste est… assis, au milieu de ses pairs, loin du chanteur. Difficile d’établir une complicité dans cette configuration. En revanche, quel joli duo que ce O death, where is thy sting ! Et que la fragilité de l’alto et la solidité du ténor sont belles. Enfin, le chœur final résume bien la direction de  : affirmée, entraînante, tonique sans brutalité, avec des pianissimos marqués. Bref, voici une interprétation vivante, investie, du Messie.

Dans quelques jours, on reverra, avec intérêt, cet ensemble vocal et instrumental tchèque au Festival d’Ambronay dans Bach. Un… Luks ?

 

 

Crédit photographique : Václav Luks © Jean-Noël Démard ; abbatiale Saint-Robert © Jean-Claude Faure

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