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Hermann Scherchen et Reinhold Glière

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Reinhold Glière (1875-1956) : Symphonie n°3 en si mineur « Ilya Mouromets » op. 42 ; Le Pavot Rouge, suite de ballet op. 70. Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne, direction : Hermann Scherchen. 1 double CD-R Historic Recordings HRCD00050. Pas de code barre. Enregistré en septembre-octobre 1952, probablement à Vienne. ADD [mono]. Notice unilingue (anglais) succincte. Durée : 51:19, 56:55

 

historicrecordings_gliere_scherchenAprès la publication du somptueux coffret Chandos initié par Sir Edward Downes et consacré à la musique orchestrale de (1875-1956), il était vraiment opportun de signaler une excellente réédition en double CD-R Historic Recordings de l’album microsillon Westminster consacré à la gravure légendaire en septembre-octobre 1952 de la Symphonie n°3 « Ilya Mouromets » et de la suite de ballet Le Pavot Rouge par (1891-1966) à la tête de l’Orchestre de l’Opéra d’État de Vienne.

Cette fabuleuse interprétation d’Ilya Mouromets est la toute première (et l’une des rares) version vraiment intégrale confiée au disque. Il existe un autre transfert de la seule symphonie sur un seul CD-R américain ReDiscovery (RD025), mais comme la version Scherchen fait 80 min 25, ReDiscovery l’a très légèrement accélérée (avec évidemment en conséquence hausse du diapason !) pour l’amener à 79 min 54… Le double CD-R du label anglais Historic Recordings, au diapason d’origine, est donc nettement plus recommandable, d’abord parce que le disque ReDiscovery est indisponible hors des États-Unis, mais surtout parce que Historic Recordings reprend l’intégralité de la réalisation Westminster, comprenant en outre la suite de ballet Le Pavot Rouge, complément relativement substantiel.

Avant Scherchen, seule existait la gravure de mars 1940 en 78 tours par Leopold Stokowski et son Orchestre de Philadelphie, malheureusement usant d’une partition tronquée avec l’approbation il est vrai du compositeur qui estimait – probablement à contrecœur – que c’était la seule manière de faire connaître son œuvre au disque, surtout dans les limites du 78 tours. On peut donc facilement imaginer que Glière eut ensuite l’occasion d’écouter l’interprétation de Scherchen et d’en être pleinement satisfait, même si elle diffère essentiellement de celle de Stokowski : cette dernière est caractérisée par le fameux son légendaire des Philadelphiens, façonné par Stokowski qui recherchait avant tout une sonorité orchestrale somptueuse, un peu à la manière de Karajan. On peut évidemment se demander si cette conception convient à toute création orchestrale. Quoi qu’il en soit, celle d’, plus proche d’un Toscanini dans sa vision orchestrale, semble être à l’opposé de celle de Stokowski : l’Orchestre de l’Opéra d’État de Vienne n’est pas l’Orchestre de Philadelphie, et ses sonorités sont plus rugueuses, moins polies, mais en même temps nous paraissent plus authentiques et mieux adaptées à la musique de Glière. À notre époque où les exécutions sur disque ont l’obligation – souvent à outrance – d’être cliniquement parfaites, mais la plupart du temps d’une froideur incompatible avec l’art musical, on est séduit par la vision de Scherchen qui nous restitue sans aucun artifice une interprétation naturelle de concert, avec toutes les qualités et les aléas qui en découlent. Et c’est peut-être cette dernière caractéristique qui en renforce l’impression d’authenticité. La version Scherchen impose une expérience passionnante : celle de la constante découverte, comme sans cesse improvisée, d’une partition haute en couleurs. Il n’est guère étonnant qu’elle ait pu servir de modèle à un élève d’, le remarquable chef d’orchestre britannique Sir Edward Downes cité en début de chronique.

La réalisation technique du label Historic Recordings à partir des microsillons Westminster originaux, accomplie par Neal Kurz qui nous avait déjà séduit par un remarquable CD Tchaïkovski – Dobrowen chez le même éditeur, est la perfection même.

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Reinhold Glière (1875-1956) : Symphonie n°3 en si mineur « Ilya Mouromets » op. 42 ; Le Pavot Rouge, suite de ballet op. 70. Orchestre de l’Opéra d’Etat de Vienne, direction : Hermann Scherchen. 1 double CD-R Historic Recordings HRCD00050. Pas de code barre. Enregistré en septembre-octobre 1952, probablement à Vienne. ADD [mono]. Notice unilingue (anglais) succincte. Durée : 51:19, 56:55

 
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