33e Festival de Sablé, une édition charnière (1)

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble, Musique de chambre et récital

Le festival a en effet été porté pendant toutes ces années par Jean-Bernard Meunier, qui passait la main à l’issue de cette 33e édition, donnant forcément une saveur particulière à cette dernière programmation …

Concerts du Festival de Sablé, vendredi 26 août 2011.

Né en 1978 de rencontres fortuites mais aussi grâce au flair de son fondateur, le festival de musique et de danse baroque de Sablé a su fidéliser au fil du temps un public dans un répertoire qui ne connaissait pas l’engouement qu’il suscite, particulièrement depuis le milieu des années 1980. Le festival a en effet été porté pendant toutes ces années par Jean-Bernard Meunier, qui passait la main à l’issue de cette 33e édition, donnant forcément une saveur particulière à cette dernière programmation. Comme chaque année, un nombre important de concerts (quatorze) en peu de jours (23 au 27 août 2011), mêlant des valeurs sûres et de jeunes talents, du répertoire connu et des projets originaux, au Centre culturel Joël Le Theule à Sablé et dans des églises de communes avoisinantes.

Parmi les concerts donnés les deux derniers jours du festival, beaucoup de musique vocale avec des programmes hors des sentiers battus, souvent festifs, et de beaux moments de musique, devant un public certes pas très jeune mais fort nombreux (tous les concerts affichaient complet) et attentif.

En l’Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul de Brûlon, le Festival recevait l’, en petit effectif, dans le programme Un camino de Santiago, consacré à des musiques qu’auraient pu entendre ou chanter les pèlerins au  XVIIe siècle sur le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Des pièces anonymes côtoient  des airs d’, Guillaume Chastillon de La Tour, Etienne Moulinié ou Gabriel Bataille, les artistes alternant musique profane et musique religieuse à forte connotation populaire, chantées en latin, en français, en italien, mais également en langue d’Oc ou en castillan. On retrouve avec plaisir en soliste , en pleine forme vocalement, et plus convaincante qu’Arianna Savall dans le disque au programme similaire paru sous étiquette Ricercar. On admire également la polyvalence des musiciens, à l’image de , qui passe naturellement des cornets aux flûtes, mais aussi au tambourin, en plus de narrer avec esprit le périple de l’Alsace en Galice, en passant par la vallée du Rhône, le Languedoc, l’Aragon et la Castille. Les instrumentistes, aussi chanteurs à l’occasion, se joignent en outre à la soprano dans certaines pièces tel le Noël occitan De cor, de boux celebrats, cantats figurat (repris en bis avec le public conquis) ou l’impayable Vilancio de nacions, de Gascuña, Aragon y Cataluña entonné au portail de Saint-Jacques.

L’Espagne était également à l’honneur lors du concert du soir au Centre culturel de Sablé, proposé par , des chanteurs de , l’ensemble et les musiciens mexicains du Tembembe Ensamble Continuo, mais en l’absence de Montserrat Figueras, souffrante. Le pape de la viole de gambe proposait comme très souvent un programme qu’il a déjà enregistré pour Alia Vox, El Nuevo Mundo, Folias Criollas, une rencontre musicale entre l’ancienne péninsule ibérique (, , …), le baroque mexicain (Gaspar Fernandes, Juan García de Zéspedes) et les traditions orales mexicaines (Huastèque, Llanera, Jarocho). et les musiciens qui l’entourent présentent un spectacle bien huilé, un astucieux et séduisant mélange de musique savante et de musique populaire, instrumentale et vocale, parfois dansée, laissant une grande part à l’improvisation. Cette musique métissée, rythmée, des plus entraînantes, invite à une communion, une interactivité avec le public, ce qui ne fut malheureusement pas trop le cas ici, les spectateurs commençant seulement à « se lâcher » lors des quelques bis endiablés offerts par les musiciens.

Crédit photographique : ©Philippe Matsas ; Jordi Savall©David Ignaszewski

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