Schumann et Liszt par l’Orchestre Philharmonique de Radio-France

La Scène, Musique symphonique

Paris, Salle Pleyel. 21-X-2011. Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour violon en ré mineur WoO 23 ; Franz Liszt (1811-1886) : Eine Faust Symphonie, in drei Charakterbildern, S 108. Isabelle Faust, violon ; Steve Davislim, ténor ; Chœur de Radio-France (chef de chœur : Matthias Brauer) et Orchestre Philharmonique de Radio France, direction : Eliahu Inbal.

Schumann et Liszt : au premier abord, le programme semble banal, mais il propose des œuvres qui, si admirables soient-elles, sont finalement rares dans les salles de concert. Le Concerto pour violon en ré mineur fut renié par son dédicataire, et ne s’est jamais vraiment installé au répertoire d’un genre pourtant apprécié du public. Il faut donc toute la rigueur et la sobre virtuosité d’ pour remettre en valeur cette œuvre mal aimée. L’entente avec , accompagnateur chevronné, est parfaite. Le mouvement lent est ainsi particulièrement réussi, doux, limpide et d’une pudeur qui n’appartient qu’à Schumann. Seulement, le respect de l’indication « nicht schnell » pour le dernier mouvement lui donne une allure un peu lourde. L’articulation est du moins très précise.

Il n’est pas si courant de voir la Faust Symphonie, même si l’œuvre a été bien servie par le disque. y applique le talent d’architecte qu’on lui connaît dans des répertoires plus récents (Schoenberg, Mahler, Bruckner). Le premier mouvement est, de ce point de vue, parfaitement construit, entre, d’une part les interrogations nerveuses du savant, d’une autre la puissance de ses aspirations, et enfin la rêverie amoureuse. Il faut dire que les timbres et les phrasés des musiciens sont remarquablement soignés. Le mouvement de Marguerite est habilement conduit, mais les bois y manquent pour le coup de sensualité et de caractère. On pourrait en dire autant d’un Méphistophélès d’une grande exactitude. S’attachant à faire ressortir la modernité de cette partie, en donne une lecture convaincante dans sa rationalité, mais presque trop calculée. De façon heureuse, pour le Chorus mysticus final, le chef revient à une générosité plus habituelle pour Liszt et sa « manie de l’apothéose », selon le mot de Wagner. Le grandiose effet de contraste est pleinement atteint, comme le souhaitait la pieuse Caroline von Sayn-Wittgenstein, qui conseilla au compositeur l’adjonction de ce morceau. Au chœur masculin et au ténor , il n’y a que des louanges à décerner. Un concert marquant et original.

Crédit photographique : © Felix Broede

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