À emporter, CD, Musique symphonique

Théodore Dubois ou le post-romantisme français

Plus de détails

Théodore Dubois (1837-1924) : Fantaisie-Stück pour violoncelle et orchestre ; Suite concertante pour violoncelle, piano et orchestre ; Concerto capriccioso pour piano et orchestre ; In memoriam mortuorum, chant élégiaque ; Andnte cantabile pour violoncelle et orchestre. Marc Coppey, violoncelle ; Orchestre Poitou-Charentes, Jean-François Heisser, piano et direction. 1 CD Mirare MIR141. Code barre : 3760127221418. Enregistré au Théâtre-Auditorium de Poitiers en octobre 2010. Notice trilingue (français, anglais, allemand) excellente et très documentée (Alexandre Dratwicki). Durée totale : 62’45

 

Il est dans l’histoire de la musique des auteurs honnêtes envers eux-mêmes et parfaitement conscients du niveau de leur musique et de la place qu’elle tient et tiendra dans la chronologie des événements. est de ceux-là. Avec le recul, nous n’hésitons pas à situer facilement le personnage et son œuvre à leur juste place. Presque contemporain exact de Camille Saint-Saëns, il partage avec lui un style français caractéristique de cette époque charnière pour les arts en général, style qui ne sera pas celui de la modernité. Pour autant, nous ne devons plus maintenant ignorer cette production parallèle a posteriori mais dominante au moment où elle fut composée.

Ce disque s’attache donc à nous faire mieux connaître des pièces avec soliste et orchestre. Le genre est concertant mais n’illustre pas pour autant le grand concerto romantique tel qu’on se l’imagine.

Les trois mouvements enchaînés de la Fantaisie-Stück font ressortir immédiatement la clarté de la ligne. Par cette absence de conflit entre soliste et orchestre, le morceau échappe donc au traditionnel concerto. Tout est dévolu au chant absolu du violoncelle, et sait, grâce à une tenue intense du son et à un vibrato maîtrisé ne pas faire sombrer ces treize minutes dans un pseudo-sentimentalisme insupportable. L’ensemble reste élégant, épaulé par une virtuosité non démonstrative. On regrettera pourtant que la prise de son mette un peu trop en avant le violoncelle et pas assez certains seconds pupitres de l’orchestre.

Datant comme la précédente de l’immédiat avant-guerre, la Suite concertante a des faux airs de double concerto pour violoncelle et piano. Néanmoins, l’équilibre entre les deux solistes est toujours maintenu et aucun ne cherche à se voler la vedette, sans doute parce que la partition est bien écrite dans cette intention. Le piano, bien qu’entrant dans un long solo cadentiel, se trouve par moment inclus avec subtilité à la couleur de l’orchestre alors que son compère garde l’esprit soliste tout le long. au clavier et à la baguette a une très bonne place pour jouer ce jeu. La fin du programme, après ces débuts non fracassants mais intéressants tout de même, baisse malheureusement en intérêt.

Le Concerto capriccioso avec piano est une œuvre antérieure de près de quarante années à ce que nous venons d’entendre et s’avère bien moins inspiré. Facile et sans surprise, il ne donne jamais le frisson de la découverte, pas plus que celui de l’indéniable réussite oubliée. Il s’inscrit bien trop dans son époque pour ne pas dépasser le stade des curiosités, et ce malgré l’investissement de qui a l’intelligence de ne pas en faire ce qu’elle n’est pas. En somme, de la musique d’égale durée à la Fantaisie-Stück mais dont l’écoute semble bien plus longue, ce qui est mauvais signe.

Deux brefs morceaux achèvent le programme, le In memoriam mortuorum et l’Andante cantabile pour violoncelle et orchestre. Le premier est un hommage aux victimes de la grande guerre digne de ces cartes postales aux couleurs pastel envoyées par les marraines de guerre. Quant au second,  il représente un sentimentalisme simple très daté qui s’écoute une fois mais est vite oublié.

Malgré une fin en demi-teinte, le haut niveau interprétatif absolument nécessaire à cette musique est toujours présent et sauve l’enregistrement d’un second oubli, ce dont n’a en l’occurrence pas besoin.

Plus de détails

Théodore Dubois (1837-1924) : Fantaisie-Stück pour violoncelle et orchestre ; Suite concertante pour violoncelle, piano et orchestre ; Concerto capriccioso pour piano et orchestre ; In memoriam mortuorum, chant élégiaque ; Andnte cantabile pour violoncelle et orchestre. Marc Coppey, violoncelle ; Orchestre Poitou-Charentes, Jean-François Heisser, piano et direction. 1 CD Mirare MIR141. Code barre : 3760127221418. Enregistré au Théâtre-Auditorium de Poitiers en octobre 2010. Notice trilingue (français, anglais, allemand) excellente et très documentée (Alexandre Dratwicki). Durée totale : 62’45

 
Mots-clefs de cet article

Banniere-ClefsResmu-ok

Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.