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Artillerie orchestrale à Salzbourg

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°4 en si bémol majeur, Op.60 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n°23 en la majeur ; Richard Strauss (1864-1949) : Sinfonia Domestica. Friedrich Gulda, piano ; Staatskapelle de Dresde, direction : Franz Konwitschny. 2 CD Orfeo. Référence C 839 112 B. Enregistré en concert le 4 août 1961. Notice de présentation en : anglais et allemand. Durée : 85’14.

 

Au soir du 4 août 1961, la faisait ses débuts au festival de Salzbourg.  L’inauguration du Palais des festivals, en 1960, permettait à  Karajan, le maître des lieux, d’inviter les formations orchestrales pour des concerts symphoniques aux effectifs orchestraux imposants. Ainsi, il tenait à inviter l’autre grand orchestre allemand de l’Histoire, après son Philharmonique de Berlin : la . Pour honorer cette invitation, les édiles de la RDA avaient présenté le meilleur du meilleur. , alors chef principal de l’orchestre, avait cédé sa place à , qui était alors considéré comme « le » grand chef de la RDA.

Ce curieux personnage, très porté sur la boisson au point d’être surnommé Kon-whisky  par les musiciens, avait un parcours musical digne du plus grand respect : altiste au Gewandhaus de Leipzig, il devint chef d’orchestre à Stuttgart, puis Freiburg et Francfort,  avant de devenir le leader du Gewandhaus et de l’opéra  de Leipzig de 1949 à sa mort prématurée en 1961. Politiquement, le parcours du chef était plus agité. Membre du parti nazi dès 1923, il renouvela son adhésion, avec solennité, en 1937. Pourtant, il ne fut pas inquiété par la dénazification et sa carrière ne connut aucun ombrage de ce passé…Il grava même, avec la , le premier disque 33 tours de la firme Eterna, label officiel de la RDA avant de devenir l’autorité musicale du régime !

Pour ce concert, la pression était maximale sur les épaules du chef et des musiciens, d’autant plus que certains commentateurs voyaient d’un très mauvais œil la venue d’un orchestre du bloc de l’Est. Le programme, très copieux, visait à mettre en avant les valeurs de la phalange. Dans Beethoven, l’approche du chef est très germanique  avec une lecture un tantinet carrée, solidement charpentée, puissante dans ses effets et retenue dans ses tempi. L’orchestre s’avère concentré et l’on entend bien les spécificités sonores de la formation avec ses cordes soyeuses et galbées. Intiment lié à , l’orchestre tenait à présenter l’une de ses pièces. Le choix se porta sur l’imposante (et même gère digeste) Sinfonia Domestica. Konwitschny en avait déjà gravée, avec la Staatskapelle, une solide lecture, pour DGG, en 1957. L’orchestre se lâche et est en parade sous une direction cursive, qui se plait à faire chanter tous les pupitres, et à étaler la gamme de couleurs des musiciens. La prise de risque du concert fait le petit plus pour l’une des plus belles versions de cette œuvre encore assez peu populaire au concert.

Entre ces deux pièces, l’alerte enchantait le public en dialoguant avec l’orchestre dans une interprétation fluide et cristalline de Concerto pour piano n°23 de Mozart. Même si l’on sent l’orchestre en force instrumentale, le savoir-faire du chef impose un Mozart altier et juvénile.

Dans la collection Orfeo des archives du festival de Salzbourg, on tient donc un cru 1961 de très haute volée qui intéressera les archivistes de grandes prestations symphoniques au concert.

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Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Symphonie n°4 en si bémol majeur, Op.60 ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Concerto pour piano n°23 en la majeur ; Richard Strauss (1864-1949) : Sinfonia Domestica. Friedrich Gulda, piano ; Staatskapelle de Dresde, direction : Franz Konwitschny. 2 CD Orfeo. Référence C 839 112 B. Enregistré en concert le 4 août 1961. Notice de présentation en : anglais et allemand. Durée : 85’14.

 
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