La Scène, Opéra, Opéras

Luxembourg, une Fairy Queen décontextualisée

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Luxembourg. Grand Auditorium de la Philharmonie. 30-XI-2011. Henry Purcell (1659-1695) : The Fairy Queen, semi opera sur un livret attribué à Thomas Betterton. Mise en scène : Mauricio García Lozano. Costumes : Isobel Dunhill, costumes. Lumière : Ace McCarron. Mouvement : Karla Shacklock. Avec : Ruby Hughes, Dana Marbach et Faye Newton, sopranos ; Christopher Robson et Tim Travers-Brown, contre-ténors ; Ed Lyon et Joseph Cornwell, ténors ; Michael George et Simon Grant, barytons-basses ; Boldo Janchivdorj, José Triguero Delgado, Zoe Jones, Olivia Quayle et Jan Patzke, artistes de cirque. New London Consort, direction : Philip Pickett

Toute tentative de mise en scène du chef d’œuvre de Purcell The Fairy Queen pose d’emblée le problème de la relation toujours assez complexe du semi opera à sa pièce normalement enchâssante, la comédie de Shakespeare A Midsummer Night’s Dream.

Pour la reprise présentée dans le cadre du Festival de Luxembourg, l’option prise par le chef d’orchestre et le metteur en scène mexicain consiste à balayer toute référence au contexte de départ et à créer une dramaturgie entièrement originale, moyennant quelques modifications mineures apportées au livret et à la partition. Cette dernière se voit très légèrement restructurée, ce qui cependant ne devrait pas choquer outre mesure les puristes les plus endurcis, du moins quand l’on voit avec quelle authenticité et quel souci du détail parvient à rendre justice à la sublime musique de Purcell.

Le point de départ de la pièce est ainsi constitué d’un groupe de voyageurs en rade dans une salle d’attente, propulsés ensuite par la force de l’imagination et de la volonté dans une Arcadie fantasmatique dans laquelle les pulsions et les instincts vont très vite se libérer, les cœurs s’ouvrir et les personnalités, toutes extrêmement typées, se révéler. Incarnés par huit chanteurs et six artistes de cirque, les différents personnages de la pièce vont tour à tour découvrir, au terme d’un parcours initiatique clairement balisé, bien plus que son chacun ou sa chacune, eux-mêmes… En somme, un condensé, une interprétation de l’intrigue de la pièce de Shakespeare, et dans un contexte scénique qui évoquerait presque un huit-clos beckettien. L’agencement des gestes, la poésie des divers numéros de jonglage, la subtile intégration entre chanteurs et artistes de cirque ou encore les costumes à la fois ordinaires et déjantés de Isobel Dunhill, tout cela crée un spectacle de toute beauté qui constitue, du début de l’ouvrage jusqu’à la fin, un régal pour l’œil autant que pour l’esprit.

Avec la présence du et celle de aux commandes, l’oreille n’est évidemment pas en reste, même si aucune des voix réunies sur le plateau n’est véritablement exceptionnelle. On saluera cependant la santé vocale des vétérans et , impayables dans leur composition de prêtre défroqué et de grande folle sur le retour, ainsi que l’homogénéité de leurs jeunes partenaires. Parmi ces derniers brillent tout particulièrement les ténors et , à la belle prestance scénique. Des trois sopranos, finit par détonner avec sa restitution par trop prosaïque du légendaire « Let me weep » autrefois immortalisé par Alfred Deller.

Une superbe réussite d’ensemble, donc, qui clôt en beauté le festival de Luxembourg.

Crédit photographique © Philharmonie de Luxembourg

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Luxembourg. Grand Auditorium de la Philharmonie. 30-XI-2011. Henry Purcell (1659-1695) : The Fairy Queen, semi opera sur un livret attribué à Thomas Betterton. Mise en scène : Mauricio García Lozano. Costumes : Isobel Dunhill, costumes. Lumière : Ace McCarron. Mouvement : Karla Shacklock. Avec : Ruby Hughes, Dana Marbach et Faye Newton, sopranos ; Christopher Robson et Tim Travers-Brown, contre-ténors ; Ed Lyon et Joseph Cornwell, ténors ; Michael George et Simon Grant, barytons-basses ; Boldo Janchivdorj, José Triguero Delgado, Zoe Jones, Olivia Quayle et Jan Patzke, artistes de cirque. New London Consort, direction : Philip Pickett

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