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Musiques boréales avec Vasily Petrenko

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Paris. Salle Pleyel. 30-XI-2011. Rolf Wallin (né en 1957) : Act ; Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur ; Piotr Tchaïkovsky (1840-1893) : Symphonie n°4 en fa mineur. Joshua Bell, violon. Orchestre philharmonique d’Oslo, direction : Vasily Petrenko.

Une soirée certainement exotique, mais d’un exotisme particulier, venu du Nord : exit les cocotiers et le sable blanc, c’est le vent balayant les steppes glacées qui nous attendait avec ce programme de musiques scandinave et russe, servies par l’orchestre philharmonique d’Oslo et l’excellent Vasily Petrenko.

L’oeuvre du compositeur norvégien qui ouvrait le programme, Act, était intéressante à plus d’un titre. Agréable à écouter sans pour autant tomber dans le mélodique naïf, elle se renouvelait sans cesse par une bonne gestion des contrastes de dynamique et de tempi. Le titre s’explicite tout seul à l’audition : la partition, d’une seule traite, avance en effet par séquences juxtaposées comme le seraient les séquences d’un film, avec de fréquents fondus enchaînés. Le public a donc toute latitude de recréer une narration imaginaire, interrompue par l’emballement rythmique final, qui n’est pas sans rappeler le motorisme d’un Prokofiev, par exemple.

Le Concerto de Sibelius quand à lui était l’occasion d’entendre l’art de , dont le jeu a quelque chose de félin ; ça minaude dans le début, ça cabriole nonchalamment, puis, sans qu’on s’y attende, soudain ça montre les griffes. De façon plus générale, l’interprétation se révélait de grande qualité, mais l’oreille n’a pas été  emportée. Il nous a semblé en effet que l’aspect fragmentaire du discours était encore accentué par les interprètes, qui finissaient par donner à cette œuvre un caractère de montagnes russes, avec de lentes montées et des descentes fracassantes. Haut-le-cœur garanti !

Mais comme l’on s’était mis d’accord pour dîner en sortant, personne dans le public ne fut malade, et l’on ne retint pas ses applaudissement. Ravi, revenait avant l’entracte donner une pièce d’Eugène Ysaÿe, qui finissait bien avant son terme et dont le peu de substance était noyée sous une épaisse couche de traits tous plus ébouriffants les uns que les autres.

La dernière oeuvre était également la plus substantielle, la très inspirée Quatrième Symphonie de Tchaïkovsky. Au fil des quatre mouvements, on a pu se rendre compte du grand équilibre entre les pupitres de l’orchestre, particulièrement sensible dans le scherzo, cependant que la direction épousait admirablement les variations de tempi dans le premier mouvement. Le final passait enfin comme un coup de vent, ou plutôt comme une lettre à la poste, et c’est dire si l’Orchestre philharmonique d’Oslo a une grande réactivité.

Visiblement en grande forme, concluait avec la Vocalise de Rachmaninov, histoire de faire retomber en douceur la pression.

Crédit photographique :  Mark McNulty

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Paris. Salle Pleyel. 30-XI-2011. Rolf Wallin (né en 1957) : Act ; Jean Sibelius (1865-1957) : Concerto pour violon et orchestre en ré mineur ; Piotr Tchaïkovsky (1840-1893) : Symphonie n°4 en fa mineur. Joshua Bell, violon. Orchestre philharmonique d’Oslo, direction : Vasily Petrenko.

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