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Suite du cycle Mahler-Jansons à Amsterdam

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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°3 en ré mineur. Bernarda Fink, mezzo-soprano. Chœur de Radio néerlandaise, Boys of the Breda Sacrament Choir, Rijnmond Boy’s Choir. Orchestre royal du Concertgebouw, direction : Mariss Jansons. 2 SACD hybrides RCO Live RCO 10004. Code barre : 542500837018. Enregistré en public les 3, 4 et 5 février 2010 au Concertgebouw d’Amsterdam. Notice en anglais, français, allemand, néerlandais. Durée : 98’41’’

 

Enregistré dans le cadre du Mahler Project du Concertgebouw d’Amsterdam quelques semaines à peine après l’enregistrement de la Résurrection également sous la direction de , cette Symphonie n°3 (dont on a pu voir la captation vidéo sur les chaines spécialisées du câble et du satellite) vient s’ajouter dans la discographie de ce duo chef – orchestre aux deux premières symphonies, elles-mêmes succédant aux cinquième et sixième antérieurement publiées. Qui connaitrait déjà ces enregistrements ne se sentira nullement dépaysé ici car on y retrouve intacte la façon dont joue cette musique ces derniers temps.

Ce disque étant arrivé entre nos mains en même temps que la Romantique de Bruckner par Haitink, prédécesseur de Jansons à Amsterdam, nous n’avons pu nous empêcher de les comparer et remarquer qu’ils avaient dans ce répertoire quelques points communs avec un style où l’expression n’est pas recherchée par les phrasés toujours très propres et posés, ni dans l’agogique sobre et appliquée comme s’ils voulaient constamment éviter d’en faire trop et sur-dramatiser le texte de Mahler, mais plutôt par la richesse et la puissance de l’orchestration et par la colossale dynamique de l’orchestre mahlérien. Et dans ce style ils sont deux incontestables maîtres, comme ce nouvel enregistrement de la plus longue des symphonies de Mahler le montre admirablement. Car on y admire beaucoup et souvent, et partition en main, on reste plus d’une fois pantois devant la performance de l’orchestre et la maîtrise du chef.

Comparé à l’enregistrement Haitink avec le même orchestre en 1966, on accordera un léger avantage au nouveau venu par la plus grande richesse qu’il donne au son de l’orchestre, différenciant un peu plus les pupitres, ajoutant une touche de plaisir et de confort purement symphonique là où la sobriété un peu rigoriste du Hollandais raidissait un poil le propos. On en aura de multiples exemples mais nous l’illustrerons par le fameux début pianissimo du final où Jansons réussit par la seule texture sonore à transmettre le frisson alors qu’Haitink, toujours aussi pudique, est plus réservé. C’est d’ailleurs ce soupçon d’émotion plus immédiatement palpable avec Jansons qui nous fera, in fine, préférer ce nouvel enregistrement (en plus de la supériorité technique du SACD RCO Live sur le CD Philips qu’on retrouve dans la Complete Edition Mahler de DG en 18 disques). Mais si, dans les deux cas, on admire la cohérence sans défaut de la conduite du discours et la virtuosité de l’orchestre, on est impressionné dans les grands climax, on traverse ces près de cent minutes de musique en ayant parfois la sensation qu’il manque un peu de caractère, de vie, de direction, ce qui va un peu de pair avec ce style d’interprétation mais qui fait qu’on ne se sent pas saisi par une poigne de fer et emporté avec elle de la première à la dernière mesure. Il n’est que d’écouter Leonard Bernstein (New York Philharmonic, DG), une des grandes références dans cette œuvre, pour ressentir instantanément la différence, même vocalement, car si Bernarda Fink ne démérite nullement, Lennie avait Christa Ludwig !

Ce nouvel enregistrement ne renouvelle pas vraiment l’interprétation des symphonies de Mahler, se plaçant, avec une grande réussite, dans la continuité d’un style dont Haitink était un des meilleurs représentants. Il constitue sans doute aujourd’hui le premier choix en SACD, mais en CD, où le choix est plus vaste, on restera fidèle à Bernstein et consort si on cherche des versions plus directives et immédiatement saisissantes.

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Gustav Mahler (1860-1911) : Symphonie n°3 en ré mineur. Bernarda Fink, mezzo-soprano. Chœur de Radio néerlandaise, Boys of the Breda Sacrament Choir, Rijnmond Boy’s Choir. Orchestre royal du Concertgebouw, direction : Mariss Jansons. 2 SACD hybrides RCO Live RCO 10004. Code barre : 542500837018. Enregistré en public les 3, 4 et 5 février 2010 au Concertgebouw d’Amsterdam. Notice en anglais, français, allemand, néerlandais. Durée : 98’41’’

 
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