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William Forsythe se perd dans Sider

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Paris. 17/XII/11. Théâtre national de Chaillot. Dans le cadre du Festival d’Automne. The Forsythe Company : Sider. Une pièce de William Forsythe et The Forsythe Company. Musique : Thom Willems. Objets lumineux : Spencer Finch. Lumières : Ulf Naumann, Tanja Rühl. Costumes : Dorothée Merg. Conception sonore : Dietrich Krüger, Niels Lanz. Avec Yoko Ando, Cyril Baldy, Esther Balfe, Dana Caspersen, Katja Cheraneva, Brigel Gjoka, Amancio Gonzalez, Josh Johnson, David Kern, Fabrice Mazliah, Roberta Mosca, Jone San Martin, Yasutake Shimaji, Riley Watts, Ander Zabala

Malgré de très nombreuses années passées en Allemagne, n’a jamais perdu son intérêt pour la langue anglaise et la théâtralité. Il illustre ici cet intérêt renouvelé par des recherches sur le théâtre élisabéthain et ses inflexions ou intonations si caractéristiques. Cagoules, justaucorps, fraises, on reconnaît ça et là dans « Sider » des détails du costume élisabéthain, tandis que la parole des interprètes se fait plus distanciée, presque incompréhensible.

Pour ce nouveau spectacle, créé en juin 2011 à Dresde, la seule contrainte lancée aux danseurs semble être de se saisir d’un grand carton rectangulaire qu’ils manipulent tantôt comme une arme, un bouclier, une armure ou une robe à paniers. Ces cartons, qui nous projettent dans une atmosphère urbaine, servent à ériger des palissades ou à inscrire des protestations. L’émeute n’est pas loin…

Pour rythmer la pièce, le travail de découpage de la lumière est toujours aussi radical que par le passé, tandis que la musique signée du fidèle est encore une fois hypnotique.

Comme en écho, le travail sonore restitué par les micros HF suspendus dans les cintres à intervalles réguliers, fait entendre les sons mats du carton, le glissement des semelles, les voix qui s’interpellent. En revanche, le spectateur reste éloigné du travail proposé sur la langue élisabéthaine, dont l’absence de familiarité (et de surtitres) ne facilite pas la compréhension. Difficile dès lors de se concentrer sur le vocabulaire chorégraphique mis en œuvre par les brillants interprètes de The Forsythe Company.

Autant fut un génie dans les années 80 et 90, proposant une déconstruction savante du ballet classique, autant depuis le début des années 2000 n’apporte-t-il plus le même souffle à sa discipline. Les subventions et parts de coproduction allouées à ce chorégraphe au répertoire très riche seraient sans doute les bienvenues pour aider de plus jeunes chorégraphes à financer des pièces ambitieuses et assurer la relève générationnelle.

Crédit photographique : Photos © Dominik Mentzos

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Paris. 17/XII/11. Théâtre national de Chaillot. Dans le cadre du Festival d’Automne. The Forsythe Company : Sider. Une pièce de William Forsythe et The Forsythe Company. Musique : Thom Willems. Objets lumineux : Spencer Finch. Lumières : Ulf Naumann, Tanja Rühl. Costumes : Dorothée Merg. Conception sonore : Dietrich Krüger, Niels Lanz. Avec Yoko Ando, Cyril Baldy, Esther Balfe, Dana Caspersen, Katja Cheraneva, Brigel Gjoka, Amancio Gonzalez, Josh Johnson, David Kern, Fabrice Mazliah, Roberta Mosca, Jone San Martin, Yasutake Shimaji, Riley Watts, Ander Zabala

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