L’Orchestre Philharmonique de Liège… un bilan Royal !

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L’Orchestre Philharmonique Royal de Liège. 50 ans au coeur de la Cité (1960-2010). Ouvrage réalisé avec le concours de Stéphane Dado, Christine Gyselings et Jean-Pierre Rousseau. 1 livre Conseil de la Musique. 212 pages. Pas d’ISBN. Prix 20€.

 

Fondé en 1960, devenu Société Royale en 2010, l’Orchestre Philharmonique de Liège fête ses 50 ans d’existence avec un ouvrage richement illustré qui réussit à dépasser son caractère autopromotionnel pour nous convaincre que l’OPRL a trouvé sa place dans le concert des… orchestres.

Une part substantielle de l’ouvrage, près de 80 pages, est consacrée au mandat de son Directeur Général Jean-Pierre Rousseau, entamé en 1999, mais c’est la partie historique consacrée aux vétérans qui vaut à elle seule l’acquisition de l’ouvrage. On voit ainsi défiler le fondateur Fernand Quinet (1960-1964), qui voit se réaliser le rêve et le travail d’une vie et saura faire venir les grands solistes du temps, le Français (1964-1967) qui fera briller l’orchestre autant qu’il agacera son public avec un cocktail de compositeurs d’avant-garde, l’Américain Paul Strauss qui assurera le premier long mandat de 1967-1977 en redonnant la voix aux classiques et aux romantiques jusqu’à Mahler. Le conservatisme du public liégeois n’est pas sous-estimé, et une journaliste expliquera ainsi le grand succès que connaîtra Messiaen en 1965 avec sa Turangalîla-Symphonie se rattache « à la nature bourgeoise du compositeur et à  son tempérament chrétien qui collent parfaitement à ceux des auditeurs » : assurera le plus long mandat, 22 ans soit près de la moitié de la vie de l’orchestre, pour seulement une trentaine de pages. On aurait pu en dire plus sur celui qui a exploré des répertoires rares Biarent, Boesmans, Lekeu, Vierne, Tournemire, et a établi la réputation internationale de l’orchestre.

Les chapitres de l’ère Rousseau n’évitent pas l’emphase, voire la recherchent effrontément (le titre du chapitre « La grande ambition 1999-2010 » est celle de l’intéressé, le titre de section « l’oiseau rare »  est l’intéressé lui-même), et la proximité des événements qui sont relatés font perdre l’esprit de synthèse que l’on trouvait dans les premiers chapitres. Mais les non-dits en racontent finalement autant que de longs discours sur les cahots de la vie de l’orchestre. Les directeurs musicaux se suivent à un rythme accéléré : après le « classique » qui fera un honorable mandat de 5 ans (2001-2006), le « contemporain » tiendra 3 ans (2009- 2010), et ne restera qu’une saison (2009-2010), créant un pénible trou d’air en pleine année du cinquantenaire, dont ResMusica fut le témoin lors du concert anniversaire le 9 décembre 2010. Le chapitre est ainsi sobrement intitulé « Transition 2009-2010 ». Tout un programme…

Depuis la parution de l’ouvrage, a pris ses fonctions, et le bateau semble voguer à nouveau sur une mer calmée. Parmi les enregistrements récents qui ont été salués par nos rédacteurs, relevons César Franck par François-Xavier Roth (Cyprès), Henri Vieuxtemps par Patrick Davin (Fuga Libera, Clef ResMusica), Bruno Mantovani par Pascal Rophé (Ӕon, Clef ResMusica), et tout dernièrement un superbe programme Barber/Berlioz/Britten par Paul Daniel avec la soprano (Ӕon). Enfin, le Cycle des 7 formes de Pascal Dusapin, entendu dans sa création à Paris restera un temps mémorable de l’histoire de l’orchestre (Naïve).

Longue vie à l’ !

 

NB: l’ouvrage est disponible uniquement à la billetterie de l’OPRL (Salle Philharmonique) au prix de 20€ (12€ seulement durant pour les fêtes de décembre 2011) et en ligne sur la Boutique du journal du Soir.

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