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Le concert de Noël au Sénat de la République italienne

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Rome. Sénat. 18-XII-2011. Vincenzo Bellini (1801-1835) : Norma (Symphonie). Pietro Mascagni (1863-1945)  : Cavalleria rusticana (Intermezzo). George Gershwin (1898-1937) : Un Américain à Paris. Maurice Ravel (1875-1935)  : Bolero. Avec : Raimondo Matacena, violon supersoliste; Vincenzo D’Acunto, caisse-claire soliste; Nello Salza, trompette soliste; Simone Salza, Andrea Pace : saxophones solistes; Massimiliano Maini, clarinette soliste. Orchestra del Teatro Verdi de Salerno, direction : Daniel Oren

Comme d’habitude, depuis désormais dix ans, la chambre du Sénat de la République italienne a fêté Noël avec un concert de solidarité. Sous le slogan « C’est la passion qui nous pousse » (ci muove la passione) l’Orchestre de Salerno a offert la recette d’une heure de musique aux enfants de l’hôpital Umberto I de Rome. Directeur de cet événement de solidarité , qui en quatre ans de direction artistique a élevé la philharmonie salernitaine au rang des meilleurs orchestres italiens. Le programme semi-patriotique fait un clin d’œil au répertoire américain de Gershwin et à Ravel dont le Bolero est le cheval de bataille de l’orchestre.

L’Hymne de Mameli à savoir l’hymne national d’Italie composé par Michele Novaro introduit l’allocution du Président du Sénat Renato Schifani qui souligne l’importance de la musique dans la construction du sentiment d’appartenance. L’ouverture de Norma rappelle la contribution de son compositeur Bellini à l’irrédentisme italien en même temps que l’Intermezzo de Cavalleria rusticana de Mascagni nous plonge au cœur du vérisme italien. La direction très inspirée de souligne le caractère bouleversant de la musique de Mascagni et insuffle à l’orchestre une passion inédite. La charge de lyrisme du chef dont on s’aperçoit véritablement dans le répertoire d’opéra a comme pour résultat une profonde émotion générale.

Un Américain à Paris fait exploser le flot d’énergie de l’orchestre entier. Le discours musical fondé sur de nombreuses images/figures est accentué par le changement des tempi et les solos au différent caractère. Le tempo blues andante, avec un rythme décis est assuré par la trompette de Nello Salza dont on remarque toujours le très beau son (qui lui vaut l’indulgence plénière pour une toute petite fausse note), et la capacité de passer d’un répertoire à l’autre tout en restant très en style. Remarquables sont aussi les interventions de la clarinette et des saxophones.

Le Bolero sanctionne le succès de Daniel Oren et des solistes de l’orchestre. Afin d’exalter l’effet visuel de la réitération obsessive du rythme, le chef place comme d’habitude, les deux caisses-claires devant l’orchestre. Les mesures initiales en pianissimo montrent la maîtrise technique de Vincenzo D’Acunto capable d’entrainer l’orchestre dans un crescendo vertigineux sans jamais altérer le tempo initial. La ligne mélodique du trombone soliste est élégante et très sophistiquée d’un point de vue de la sonorité. Sa légèreté et le beau legato rappellent celle d’un violon.

Au delà des mérites artistiques des interprètes, le succès plus grand de cet orchestre et de son chef a été la collecte d’environ 42 000 euros en faveur du service d’oncologie enfantin. Pouvoir de la musique d’élever les esprits et d’adoucir les cœurs !


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