Liszt le rouge

À emporter, CD, Musique symphonique

Franz Liszt (1811-1886) : Méphisto valse n°1 ; Tarantella, Etude transcendante n°9 « Ricordanza » ; Rapsodies hongroises n°2 en ut mineur et n°5 en Dé majeur ; Sonate en si mineur ; Concerto pour piano n°1 en si bémol majeur ; Les Préludes, Tasso, Lamento e Trionfo, Orpheus, Prometheus. Vladimir Ashkenazy, Lazar Berman, Vladimir Ovchinnikov, Gled Akselrod, Alexander Slobodyanik, Pavel Serebryakov, pianos ; Orchestre philharmonique de Moscou, direction : Kirill Kondrachine ; Orchestre symphonique de la radio de Moscou, direction : Gennady Rozhdestvensky ; Orchestre symphonique du Ministère de la Culture de l’URSS, direction : Mark Ermler. 1 coffret de 2 CD Melodya. Référence MEL CD 10 01911. Notice de présentation en russe et anglais. Enregistré entre 1959 et 1989. Durée : 156’3.

 

Melodya explore ses archives pour offrir deux disques dédiés à Liszt. Plus que les œuvres, limitées à des tubes, le choix éditorial mérite une attention car il propose, certes des noms connus : Vladimir Ashkenazy, Lazar Berman, Gennady Rozdestvensky ou Kirill Kondrashin, mais il présente surtout des artistes passablement oubliés comme Vladimir Ovchinnikov, Marc Ermler ou Pavel Serebryakov.

Ainsi, Pavel Serebryakov (1909-1971), pilier de la vie musicale de l’URSS et recteur du Conservatoire de Leningrad pendant près de 30 ans, fait preuve d’une incroyable digitalité dans le concerto n°1. Complètement oublié, l’Ukrainien Alexander Slobodyanik (1941-2008), affronte crânement la redoutable Sonate en si mineur. On peut évidemment trouver des versions moins brutales et contrastées, mais le côté unilatéral du traitement pianistique est rejoint par une grande intelligence dans la restitution de la structure de ces deux partitions. Les petites miettes rapsodiques et méphistophéliques témoignent de la compétence technique et musicale de l’école soviétique du piano.

Côté orchestral, Gennady Rozdestvensky et (grand chef de ballet bien oublié) abordent Liszt sans vernis esthétique ! C’est du brut de fonderie ! Le traitement orchestral, tendu à l’extrême et saillant dans ses arrêtes. Le côté sec et impactant des orchestres soviétiques répond à ces visions nerveuses et échevelées des chefs. La pâte orchestrale, chauffée à blanc, est tempétueuse à l’extrême. Les chefs prennent ces poèmes  symphoniques à bras le corps ! On est loin des lectures ennuyeuses, car trop bien mises, de Kurt Masur (EMI) ou Bernard Haitink (Philips).

Certes, ce volume  s’adresse plutôt aux collectionneurs, mais ceux-ci sauront apprécier, à leur juste valeur, la virtuosité, la musicalité mais aussi les prises de risque des pianistes, des chefs et des orchestres.

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