Musiques des temps mécaniques

À emporter, CD, Musique symphonique

Serge Prokofiev (1891-1953): Suite Scythe, Op.20 ; Erwin Schulhoff (1894-1942) : Oglala, suite de ballet ; Béla Bartók (1881-1945) : Le Mandarin merveilleux, suite d’orchestre, Op.19 ; Gustav Holst (1874-1934) : The Perfect Fool ; Maurice Ravel (1875-1937) : La Valse. Orchestre Philharmonique Borusan d’Istanbul, direction : Sascha Goetzel. 1 CD Onyx. Référence : Onyx 4086. Enregistré en 2011. Notice de présentation en : allemand, anglais, français et turc. Durée : 80’15.

 

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Avec ce nouveau disque consacré aux musiques de la première moitié du XXe siècle, le jeune chef d’orchestre autrichien inscrit aux sommets son orchestre stambouliote. Créé en 1999 avec les fonds de la holding turque Borusan, l’orchestre s’est rapidement imposé comme la référence en Turquie. Sous contrat avec le label anglais Onyx, la formation, avait déjà séduit par un premier album centré sur l’imaginaire oriental des compositeurs Respighi, Hindemith et Schmitt, le chef et ses musiciens montent encore d’un cran avec cet album.

Le programme confronte des tubes de la musique du XXe siècle : la suite du Mandarin Merveilleux de Bartók, la Suite Scythe de Prokofiev et la Valse de Ravel aux raretés que sont la suite du ballet Oglala de Schulhoff  et de The Perfect Fool de Holst. Créé en 1925, à Dessau,  Oglala de Schulhoff synthétise tous les aspects du parcours de ce musicien au destin tragique. Le Jazz, les expérimentations radicales de Schoenberg et la radicalité d’un Stravinsky fusionnent dans une transe orchestrale brute et acérée. L’orchestration est un voyage au pays des sons et témoigne d’une innovation basée sur une solide connaissance des pupitres : les vents ou les percussions ponctuent et scandent le discours de ce ballet à la fois mystérieux dans la beauté éruptive de ses climax  et ensorcelant dans ses passages plus songeurs. Extraites de l’opéra The Perfect Fool de Holst, les trois danses montrent encore le tact orchestral du compositeur des Planètes.

Tout au long de ce programme, fait le parti-pris de la radicalité et du modernisme. Il taille la masse orchestrale à la machine industrielle, créant un son mat et impactant, qui fait jaillir des arrêtes saillantes et des couleurs rougeoyantes  sorties des laminoirs instrumentaux. Mais viennois de culture, il sait aussi ménager des plages plus rêveuses et capiteuses comme dans une Valse de Ravel menée de main de maître par son sens du déhanchement et du tragique.  Quant à l’Orchestre Philharmonique Borusan d’Istanbul, il est un modèle autant dans ses tuttis et dans ses dynamiques que dans ses individualités.

Un disque techniquement, musicalement et éditorialement exemplaire.

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