À emporter, Audio, Musique de chambre et récital

Pour retrouver deux Hongrois majeurs

Plus de détails

Ernő Dohnányi (1877-1960) : Sonate pour violoncelle et piano, op. 8 + Zoltán Kodály (1862-1967) : Sonate pour violoncelle seul, op. 8 ; Sonate pour violoncelle et piano, op. 4. Raphaël Pidoux, violoncelle ; Emmanuel Strosser, piano. 1 CD Intégral Classic. Réf. : INT 221.181, code barre : 3 576072 211813. Enregistré à l’Abbaye de Port-Royal-des-Champs, septembre 2010. Notice bilingue (français et anglais). Durée : 78’56

 

Passionnante entreprise que de donner à entendre trois partitions ayant marqué l’histoire de la musique de chambre hongroise par deux musiciens français évoluant dans les plus hautes sphères de l’interprétation internationale. La preuve de ce qui vient d’être énoncé se trouve à portée d’oreille, dans ce bel enregistrement réalisé en septembre 2010 à l’Abbaye de Port-Royal-des-Champs. Qu’il s’agisse de Raphaël Pidoux ou d’Emmanuel Strosser, consigner leurs états de service remplirait des pages entières. Doués, sérieux, sensibles, ils lisent ces compositeurs avec un immense respect sans velléités déplacées d’y inclure une quelconque et fort douteuse marque originale non incluse dans les désirs clairement exprimés d’Ernö Dohnányi et de Zoltán Kodály. Du premier, la Sonate pour violoncelle et piano composée en 1899 par un jeune homme de 22 ans, ils soulignent justement la solidité et la maîtrise de l’écriture dont il serait vain d’ignorer ou de minimiser la proximité de Johannes Brahms et de Félix Mendelssohn dont  l’auteur ne songea jamais à minimiser la réalité. Les quatre mouvements sont parcourus par des pages lyriques et d’autres emplies par des passages tourmentés, d’autres encore chantantes.

De Zoltán Kodály, on appréciera une fois encore la Sonate pour violoncelle seul de 1915 dont les trois mouvements Allegro maestoso ma appassionato, Adagio et Allegro molto vivace ont fasciné et impressionné tant de musiciens et d’auditeurs par leur hauteur de vue portée et transcendée par le biais d’un monologue souvent rapproché des éternelles Six Suites de Bach. Quant à la Sonate pour violoncelle et piano op. 4, composée peu de temps avant (1910), en deux mouvements créés la même année à Budapest par Jenö Kerpely et Belá Bartók, elle propose une Fantasia : Adagio de molto très personnelle, souvent incisive, pseudo-folklorique, et finalement baignée de sérénité. Le second mouvement Allegro con spirito-Molto adagio flirte avec plusieurs idées de danse que l’on a rapproché de la Sonate en fa majeur op. 10 n° 2 de Beethoven. Un témoignage précieux et racé.

(Visited 90 times, 1 visits today)

Plus de détails

Ernő Dohnányi (1877-1960) : Sonate pour violoncelle et piano, op. 8 + Zoltán Kodály (1862-1967) : Sonate pour violoncelle seul, op. 8 ; Sonate pour violoncelle et piano, op. 4. Raphaël Pidoux, violoncelle ; Emmanuel Strosser, piano. 1 CD Intégral Classic. Réf. : INT 221.181, code barre : 3 576072 211813. Enregistré à l’Abbaye de Port-Royal-des-Champs, septembre 2010. Notice bilingue (français et anglais). Durée : 78’56

 
Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.