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Diana Damrau et la harpe de Xavier de Maistre

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Essen. Philharmonie. 15-IV-2012. Franz Schubert (1797-1828) : Ständchen, Du bist die Ruh, Gretchen am Spinnrade ; Elias Parish-Alvars (1808-1849) : La Mandoline – Grande Fantaisie pour harpe solo ; Richard Strauss (1864-1949) : Ständchen, Wiegenlied, Beim Schlafengehen ; Ernest Chausson (1855-1899) : Dans la forêt du charme et de l’enchantement, Le temps des lilas, La cigale ; Félix Godefroid (1818-1897) : Carnaval de Venise pour harpe solo ; Henri Duparc (1848-1933) : L’invitation au voyage ; Eva dell’Acqua (1856-1930) : Villanelle. Diana Damrau, soprano. Xavier de Maistre, harpe.

Quelle superbe idée de de sortir des sentiers battus et de s’associer, le temps de quelques récitals, non pas à un pianiste, mais au célèbre harpiste français . Voix et harpe, cette combinaison inhabituelle que l’on associe généralement aux sphères célestes et au chant immatériel des anges, nous donne l’occasion de redécouvrir un répertoire où il est désormais devenu difficile de nous surprendre. Car la sonorité claire, lumineuse, voire un rien fragile de la harpe permet à la chanteuse d’oser des nuances qu’elle ne pourrait oser même accompagnée du plus respectueux des pianistes.

Et ose. Passé un petit moment d’échauffement, elle nous gratifie d’un chant infiniment nuancé, infiniment raffiné et pourtant exempt de tout maniérisme. Rarement avons-nous expérimenté à tel point quel monde se cache entre un piano et un pianissimo. Et quelle palette de couleurs ! Ne citons que ce Gretchen am Spinnrade plein d’angoisse et de douleur, ce Ständchen straussien gorgé de sensualité ou encore ce Temps des lilas tellement désenchanté. Sans parler d’un Beim Schlafengehen tellement plus intime que l’habituelle version orchestrée.  Evidemment, chez Diana Damrau, cet art est basé sur un savoir-faire technique sans faille. La voix est homogène du haut en bas, l’aigu n’accuse aucune dureté et le vibrato est contrôlé à tout moment.  Ici, on frôle vraiment la perfection.

Heureusement, l’art de son partenaire évolue au même niveau. Souverain technicien et magnifique musicien, lui aussi, une complicité s’installe entre ces deux artistes qui confère à ce concert un caractère presque intime. En revanche, nous nous serions bien passés des récitations maniérées et sur jouées de Tom Gerber au profit de quelque lied en plus…

Pour remercier son public enthousiaste, Damrau et Maistre offrent trois bis : l’Ave Maria de Schubert, très loin enfin des habituelles interprétations kitsch, ainsi que deux autres lieder de Strauss : Nichts ! et un très poétique Morgen.

Crédit photographique : © John Palmer

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Essen. Philharmonie. 15-IV-2012. Franz Schubert (1797-1828) : Ständchen, Du bist die Ruh, Gretchen am Spinnrade ; Elias Parish-Alvars (1808-1849) : La Mandoline – Grande Fantaisie pour harpe solo ; Richard Strauss (1864-1949) : Ständchen, Wiegenlied, Beim Schlafengehen ; Ernest Chausson (1855-1899) : Dans la forêt du charme et de l’enchantement, Le temps des lilas, La cigale ; Félix Godefroid (1818-1897) : Carnaval de Venise pour harpe solo ; Henri Duparc (1848-1933) : L’invitation au voyage ; Eva dell’Acqua (1856-1930) : Villanelle. Diana Damrau, soprano. Xavier de Maistre, harpe.

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