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Ernest Ansermet et la musique française

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Claude Debussy (1862-1918) : Prélude à l’après-midi d’un Faune ; La Mer ; Nocturnes ; Jeux, poème dansé ; Clair de Lune, de la Suite Bergamasque (orchestration : André Caplet) ; Petite Suite (orchestration : Henri Büsser) ; Rapsodie pour clarinette et orchestre ; Printemps (orchestration : Henri Büsser) ; Images pour orchestre. Robert Gugholz, clarinette. L’Orchestre de la Suisse Romande, direction : Ernest Ansermet. 1 double CD Decca « Eloquence Australia » 4800127. Code barre : 028948001279. Enregistré entre juin 1949 et décembre 1964 au Victoria Hall de Genève. ADD [mono/stéréo]. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 72’02, 74’06
Claude Debussy (1862-1918) : Le Martyre de Saint Sébastien ; Six Épigraphes Antiques (orchestration : Ernest Ansermet) ; Khamma (orchestration : Charles Koechlin) ; La Boîte à Joujoux (orchestration : André Caplet) ; Marche Écossaise ; Danse – Tarentelle Styrienne (orchestration : Maurice Ravel). Suzanne Danco, soprano ; Nancy Waugh, Marie-Lise de Montmollin, contraltos. Union Chorale de La Tour-de-Peilz. L’Orchestre de la Suisse Romande, direction : Ernest Ansermet. 1 double CD Decca « Eloquence Australia » 4800130. Code barre : 028948001309. Enregistré entre octobre 1953 et décembre 1964 au Victoria Hall de Genève. ADD [mono/stéréo]. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 68’16, 61’05
Albert Roussel (1869-1937) : Le Festin de l’Araignée, ballet intégral op. 17 ; Symphonie n°3 en sol mineur, op. 42 ; Symphonie n°4 en la majeur, op. 53 ; Petite Suite pour orchestre, op. 39. Paul Dukas (1865-1935) : L’Apprenti Sorcier ; La Péri, poème dansé précédé de sa Fanfare. Ernest Chausson (1855-1899) : Symphonie en si bémol majeur, op. 20. L’Orchestre de la Suisse Romande, direction : Ernest Ansermet. 1 double CD Decca « Eloquence Australia » 4800041. Code barre : 028948000418. Enregistré entre octobre 1954 et janvier 1967 au Victoria Hall de Genève. ADD. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 74’59, 79’50

 

La distribution en nos contrées, par Codaex, des disques de la série « Eloquence » d’Universal Australie, nous permet dorénavant d’obtenir aisément des rééditions uniques et indisponibles autrement des labels ABC Classics, Decca, Philips, Deutsche Grammophon. Cette manne de richesses nous vaut notamment une somptueuse Édition Ansermet, inégalée à ce jour et intitulée « Decca Ansermet Legacy », qui en principe reprendra toutes les gravures Decca du légendaire chef suisse, avec évidemment plusieurs mises en CD en première mondiale, apport non négligeable au catalogue. Les programmes en sont intelligemment regroupés par rapport aux microsillons vinyles d’origine, rendant chaque réalisation particulièrement homogène et attrayante. Après avoir été professeur de mathématiques et hésité entre ses deux vocations, (1883-1969) choisit finalement la musique, et ce faisant, nous avons sans doute perdu un grand scientifique, mais à coup sûr nous avons gagné un prodigieux artiste qui, plus encore que l’un des tout grands chefs d’orchestre du XXe siècle, fut un témoin privilégié de la vie musicale de son temps. Il n’était donc que justice qu’une édition digne telle que le « Decca Ansermet Legacy » lui rende hommage, afin que les générations présentes et à venir ne perdent pas de vue quel immense musicien il était. D’une intelligence et d’une lucidité hors du commun, Ansermet nous a laissé des écrits remarquables qui exigent une lecture soutenue et approfondie, notamment Les Fondements de la Musique dans la Conscience humaine (1961). Cela n’empêche l’homme de posséder également l’intelligence du cœur, et de dévoiler dans ses enregistrements toute la sensibilité frémissante d’un artiste hors du commun qui a profondément marqué son époque (les Ballets Russes de Serge de Diaghilev), et qu’il serait fort regrettable de laisser sombrer dans l’oubli… Bien sûr, a remarquablement honoré au disque les grands classiques et romantiques qu’il vénérait : Bach, Haydn, Beethoven, Brahms, Schumann… N’oublions pas qu’il fut le premier à graver la première intégrale des Symphonies Parisiennes de Haydn ainsi que la première intégrale stéréophonique des symphonies de Beethoven. Mais c’est évidemment surtout dans la musique de son temps, du tournant du XIXe–XXe siècle, française et russe, qu’il excellait, et les trois doubles CDs sous rubrique en sont la preuve éclatante, s’agissant de la musique française. La carrière discographique d’Ansermet recouvre à la fois la période de l’enregistrement monophonique et celle de l’Âge d’Or des débuts de la stéréophonie chez Decca. Il n’est donc guère étonnant que de Debussy dont le chef suisse chérissait l’œuvre avec laquelle il était en totale osmose, Ansermet ait gravé plusieurs versions de certaines pages, jusqu’à quatre pour La Mer : comme l’ était à son apogée au début des années 50, le choix proposé ici est vraiment des plus heureux, mélangeant gravures monophoniques et stéréophoniques d’une qualité vraiment exceptionnelle pour l’époque.

Le second album Debussy est particulièrement attractif en son programme. La musique intégrale du Martyre de Saint Sébastien, « mystère composé en rythme français par Gabriele d’Annunzio et joué à Paris sur la scène du Châtelet le 22 mai 1911, avec la musique de  » (tel est le titre complet de l’œuvre), handicapée par le texte verbeux, prolixe et désuet de d’Annunzio, a connu diverses incarnations au disque : Cluytens, Inghelbrecht, Bernstein s’y sont frottés avec plus ou moins de bonheur, en raison de l’utilisation plus ou moins complète du texte parlé. Ansermet adopte la solution radicale, mais ô combien heureuse pour la musique qui lui est nettement supérieure, de supprimer la totalité de ce texte parlé, même celui qui la couvre. Et l’initiative est particulièrement bienvenue en l’occurrence, par la qualité de ferveur et de transparence de l’exécution, illuminée par les superbes chœurs et les voix solistes féminines (admirable Suzanne Danco !) Par ailleurs, il est tout à fait adéquat d’y avoir joints des pages moins connues de Debussy, orchestrées par ses amis : les Six Épigraphes Antiques, le ballet Khamma, la pantomime La Boîte à Joujoux et la Tarentelle Styrienne, respectivement dans les orchestrations d’Ansermet, Koechlin, Caplet et Ravel, dont notre orfèvre de chef nous offre des interprétations véritablement scintillantes.

Le troisième double CD regroupe essentiellement tout ce que Ansermet a enregistré d’ (1869-1937). Vis-à-vis de cet admirable musicien français, il a ainsi agi en pionnier, car il est le premier à avoir gravé le ballet complet plutôt que la suite du Festin de l’Araignée, et il est également le premier à regrouper en un unique microsillon d’excellentes versions, énergiques, dynamiques et poétiques, des Symphonies n°3 en sol mineur et n°4 en la majeur, alors que seule la Symphonies n°4, avait tenté au disque mono et  ; par après, (la référence absolue) et allait suivre l’exemple d’Ansermet. Alors que l’ensemble des gravures Roussel d’Ansermet n’avait pratiquement été publié qu’en mono du temps du vinyle, nous avons la chance grâce au CD de les entendre toutes en superbe stéréo dans la présente réalisation qui nous offre en prime la première mondiale en CD de la Petite Suite par Ansermet. En réécoutant tout cela attentivement, on se rend compte que des exécutions sont toujours actuelles et restent des références incontestables tant du point de vue musical que technique, et il se peut même que Le Festin de l’Araignée soit une référence absolue par l’indicible poésie qui s’en dégage, alliée à une impeccable précision orchestrale … d’horloger suisse ! Ce double CD est complété – si l’on peut dire ! – par des interprétations sensationnelles de La Péri (avec sa Fanfare) du même niveau d’exception que celles de ou , de L’Apprenti Sorcier de , et de la Symphonie en si bémol d’ prise à un tempo plus modéré que de coutume, lui donnant ainsi une ampleur insoupçonnée. En conclusion, il ne fait aucun doute qu’à l’audition de ces joyaux discographiques, l’ennui soit d’un bout à l’autre rigoureusement banni ! …

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Claude Debussy (1862-1918) : Prélude à l’après-midi d’un Faune ; La Mer ; Nocturnes ; Jeux, poème dansé ; Clair de Lune, de la Suite Bergamasque (orchestration : André Caplet) ; Petite Suite (orchestration : Henri Büsser) ; Rapsodie pour clarinette et orchestre ; Printemps (orchestration : Henri Büsser) ; Images pour orchestre. Robert Gugholz, clarinette. L’Orchestre de la Suisse Romande, direction : Ernest Ansermet. 1 double CD Decca « Eloquence Australia » 4800127. Code barre : 028948001279. Enregistré entre juin 1949 et décembre 1964 au Victoria Hall de Genève. ADD [mono/stéréo]. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 72’02, 74’06
Claude Debussy (1862-1918) : Le Martyre de Saint Sébastien ; Six Épigraphes Antiques (orchestration : Ernest Ansermet) ; Khamma (orchestration : Charles Koechlin) ; La Boîte à Joujoux (orchestration : André Caplet) ; Marche Écossaise ; Danse – Tarentelle Styrienne (orchestration : Maurice Ravel). Suzanne Danco, soprano ; Nancy Waugh, Marie-Lise de Montmollin, contraltos. Union Chorale de La Tour-de-Peilz. L’Orchestre de la Suisse Romande, direction : Ernest Ansermet. 1 double CD Decca « Eloquence Australia » 4800130. Code barre : 028948001309. Enregistré entre octobre 1953 et décembre 1964 au Victoria Hall de Genève. ADD [mono/stéréo]. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 68’16, 61’05
Albert Roussel (1869-1937) : Le Festin de l’Araignée, ballet intégral op. 17 ; Symphonie n°3 en sol mineur, op. 42 ; Symphonie n°4 en la majeur, op. 53 ; Petite Suite pour orchestre, op. 39. Paul Dukas (1865-1935) : L’Apprenti Sorcier ; La Péri, poème dansé précédé de sa Fanfare. Ernest Chausson (1855-1899) : Symphonie en si bémol majeur, op. 20. L’Orchestre de la Suisse Romande, direction : Ernest Ansermet. 1 double CD Decca « Eloquence Australia » 4800041. Code barre : 028948000418. Enregistré entre octobre 1954 et janvier 1967 au Victoria Hall de Genève. ADD. Notices unilingues (anglais) excellentes. Durée : 74’59, 79’50

 
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