Concerts, La Scène, Musique d'ensemble

Créations mondiales par l’Ensemble Impronta

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Paris. Eglise Saint André de l’Europe.16-VI-2012. Christian Dachez (né en 1951): Azalée II, pour violon solo (CM); Paysage d’ombres pour mezzo et orchestre à cordes; Arvo Pärt (né en 1935): Fratres pour violon solo, orchestre à cordes et percussions; Andreas Winkler (né en 1974): Trois petites pièces très lentes pour ensemble à cordes; W.A. Mozart (1756-1791: Requiem pour solistes, choeur et orchestre. Julia Reckendrees, soprano; Deniz Uzun, mezzo soprano; Robert Reichinek, ténor; Dionysios Tsaousidis, basse. Mauro Barbierato, orgue; Ensemble Impronta; direction Andreas Luca Beraldo.

Basé en Allemagne, l’Ensemble Impronta (Empreinte en italien), sous la responsabilité artistique de la violoniste et chef de choeur et du chef d’orchestre , est formé de jeunes musiciens du monde entier; il se donne pour mission de faire découvrir la musique d’aujourd’hui qu’il aime confronter, au sein d’un même programme, avec les oeuvres du répertoire. Il se veut également l’interface d’échanges musicaux entre la France et l’Allemagne.

Le concert donné sous la voûte de l’église Saint André de l’Europe réunissait, à côté du Requiem de Mozart (version 1791) des oeuvres empreintes de spiritualité et de pensées méditatives: des thèmes qui habitent la musique de dont on entendait ce soir deux pièces relativement récentes. Très étonnante, la première, Azalée II, qui débutait le concert, était jouée en création mondiale par la jeune et fougueuse violoniste , 22 ans, qui poursuit actuellement sa formation d’instrumentiste et de direction de choeur à la Hochschule de Mannheim. Dans une approche quasi scelsienne, ancre son écriture sur une seule note, un axe de hauteur dans le registre médium autour duquel la musique va s’éployer par ondes successives, découvrant à mesure un champ spatial toujours plus riche. La fixité du point d’ancrage contraste avec la constante mobilité de la matière et les fluctuations permanentes des textures que la violoniste génère par des modes de jeux et un entretien du son toujours variés. La ferveur et l’énergie du geste de la jeune interprète porté par l’acoustique réverbérante des lieux conférait aux deux mouvement d’Azalée II une force rituelle saisissante. Du même compositeur, Paysage d’ombres ou pensée pour Hölderlin, sur un poème de Gérard Fournaison, sollicitait cette fois l’ensemble de cordes d’Impronta et la mezzo soprano . Christian Dachez élabore au sein des cordes une trame sombre trouée de silence et striée d’accents presque violents; la ligne de chant plane au-dessus, en une courbe expressive dont le dessin mélismatique est parfois laissé à nu: mélange de sobriété et de stylisation singulière, l’écriture vocale, parfaitement assumée par la jeune , laissait flotter son aura poétique sur le fond plus tendu et parfois menaçant de ce « paysage d’ombres ».

Après les Trois petites pièces très lentes pour ensemble à cordes du compositeur allemand (données elles aussi en création) qui mettent à l’oeuvre la force expressive de la ligne mélodique au sein de la texture mouvante des cordes, Impronta interprétait Fratres pour violon, orchestre à cordes et percussions de l’estonien et minimaliste Arvo Pärt. La pièce très contemplative, et d’une stabilité immuable à la faveur d’une note bourdon installée dans les graves, joue sur l’alternance d’ambiances sonores plus ou moins animées, ponctuées par la percussion des mokubios et exploitant l’harmonie d’accords parfaits déployés dans leur plénitude. Le violon de Jeanne Lefèvre, toujours en vedette, décrit dans l’espace ses figures d’arpèges en bariolages ou colore avec délicatesse l’épure mélodique d’un halo très délicat d’harmoniques.

Le concert s’achevait par la version d’origine du Requiem de Mozart qui laisse son oeuvre inachevée au premier tiers du Lacrimosa. Réunissant de solides voix solistes, jeunes et bien projetées (, , et ), restituait ce chef d’oeuvre avec la profondeur tragique que véhicule l’écriture de cette ultime partition.

Crédit photographique : Christian Dachez © Christian Dachez

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Paris. Eglise Saint André de l’Europe.16-VI-2012. Christian Dachez (né en 1951): Azalée II, pour violon solo (CM); Paysage d’ombres pour mezzo et orchestre à cordes; Arvo Pärt (né en 1935): Fratres pour violon solo, orchestre à cordes et percussions; Andreas Winkler (né en 1974): Trois petites pièces très lentes pour ensemble à cordes; W.A. Mozart (1756-1791: Requiem pour solistes, choeur et orchestre. Julia Reckendrees, soprano; Deniz Uzun, mezzo soprano; Robert Reichinek, ténor; Dionysios Tsaousidis, basse. Mauro Barbierato, orgue; Ensemble Impronta; direction Andreas Luca Beraldo.

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