Paul Taylor, le dernier monstre sacré de la danse

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Théâtre national de Chaillot. 19/VI/12. Dans le cadre des Etés de la danse. Paul Taylor Dance Company. Direction artistique et chorégraphie : Paul Taylor. Lumières : Jennifer Tipton. Cloven Kingdom (1976). Montage musical : John Herbert McDowell. Costumes : Scott Barie. Coiffures : John Rawlings. Beloved Renegade (2008). Musique : Francis Poulenc, Gloria. Costumes : Santo Loquasto. Esplanade (1975). Musique : Jean-Sébastien Bach, Concerto pour violon en mi majeur, Double Concerto pour deux violons en ré mineur. Costumes : John Rawlings

Dernier monstre sacré de la danse américaine, chorégraphie toujours, à l’âge de 81 ans. Après douze ans d’absence, il revient sur une scène parisienne dans le cadre du festival des Etés de la danse, avec un programme éclectique qui retrace cinquante années d’histoire de sa compagnie. L’occasion pour le public de découvrir un style fluide et dynamique, toujours en mouvement, aux caractéristiques très américaines.

La soirée d’ouverture proposait de remonter le temps avec Cloven Kingdom, bal mondain légèrement décalé par des musiques rythmiques d’inspiration africaine. On sent dans ce ballet l’influence des techniques corporelles de , dont fut un interprète exceptionnel. Heurté, le montage musical signé John Herbert McDowell ne facilite pas les transitions pour les danseurs, qui doivent alternativement se couler dans un style très fluide et dans une gestuelle ultra-stylisée. Mais cette compagnie, déjà mature, affiche une belle solidité et beaucoup de métier.

Après un long entracte, la seconde partie proposait la première en France de Beloved Renegade, une pièce de 2008 qui évoque la Guerre de Sécession, inspirée par le recueil du poète Walt Whitman, Leaves of Grass (« Feuilles d’herbe »). Sobre et mélancolique, cette pièce émouvante fait appel dans des lumières crépusculaires au talent d’interprétation des danseurs de la compagnie, à commencer par le remarquable soliste Michael Trusnovec, qui incarne le poète.

Joie de vivre et légèreté, au contraire, dans l’un des tubes de la compagnie, le célébrissime Esplanade. Inspiré à Paul Taylor par une jeune femme qui courait pour attraper son bus, ce ballet respire une grande allégresse, relayée par les sourires des danseurs. Mais son caractère juvénile serait mieux rendu par une compagnie plus jeune, aux corps moins pleins et moins musclés. Les cheveux retenus par des rubans ou les anglaises ne sont plus de l’âge des danseuses qui figurent depuis de nombreuses années dans la compagnie. Le revers de la médaille des compagnies américaines qui n’ont pas toujours les moyens de renouveler leurs effectifs.

Crédit photographique : Beloved Renegade © Paul B. Goode

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