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Florent Schmitt : fin de la double peine ?

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Florent Schmitt. Catherine Lorent. Bleu Nuit Editeur, 176 pages. 20 Euros. ISBN 978-2-35884-016-3. Dépôt légal : 2012.

 

Décédé en 1958, le purgatoire « habituel » attendait, sûr de lui, l’homme et sa musique. Cet oubli posthume fut accentué probablement par les reproches de « collaboration » qui touchèrent à la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’auteure, la musicologue Catherine Florent, aborde ce problème sans appuyer ni esquiver. Pour le reste, presque toute l’existence de ce grand musicien français se place au niveau de l’exigence, de la perfection et de la singularité. Les étapes majeures de son parcours humain et artistique sont déroulées de manière synthétique mais précise. Les œuvres essentielles du compositeur lorrain né en 1870 retrouvent vie grâce à une écriture idéalement adaptée aux dimensions et objectifs de l’ouvrage. Des exemples musicaux viennent étayer le propos clair et informatif. Catherine Lorent réussit à communiquer sa passion en provoquant l’envie de découvrir ou de revisiter des chefs-d’œuvre comme le Psaume XLVII pour soliste, chœur et orchestre (1904) ou la musique orchestrale de ballet pour La Tragédie de Salomé (1907) qui fascina Igor Stravinsky pourtant peu enclin à vanter la musique de ses collègues : « Dieu que c’est beau ! C’est un des plus grands chefs-d’œuvre de la musique moderne » (janvier 1912). On apprend que Schmitt, après bien des difficultés à obtenir le grand Prix de Rome, admira, fréquenta et parfois joua à part égale de son vivant avec des sommités de la trempe de Dukas, Chabrier, Satie, Debussy, Gédalge, Delius, Fauré, Colonne, Franck…

Les chapitres suivants nous rappellent qu’il composa de manière peu académique et souvent sublime, qu’il aima voyager, exerça les métiers d’organiste, de critique musical, parfois rude (« Le critique qui a peur de faire de la peine ne peut pas critiquer »), de directeur de conservatoire (Lyon)… Son hyperactivité s’accompagna souvent d’humour féroce flirtant avec une méchanceté dont il nous est proposé plusieurs exemples. Il tire par exemple à boulets rouges sur ses bêtes noires que furent Tchaïkovski, Wagner, Saint-Saëns et les véristes. Sa notoriété nationale et internationale s’installa solidement (1926-1939) faisant de lui un « compositeur officiel » (chapitre VI). Tous ces postes défilent en nous étonnant et en nous donnant l’envie d’en savoir plus, notamment celle d’en écouter beaucoup, aidés en cela par une indispensable discographie sélective et commentée.

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Florent Schmitt. Catherine Lorent. Bleu Nuit Editeur, 176 pages. 20 Euros. ISBN 978-2-35884-016-3. Dépôt légal : 2012.

 
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