Musique avec pulsar obligé

Festivals, La Scène, Musique d'ensemble

La Meije / Villar d’Arène. 15-VII-2012. Gérard Grisey (1946-1998) : Le Noir de L’Étoile pour six percussionnistes disposés autour du public, bande magnétique et transmission in situ de signaux astronomiques. Les Percussions de Strasbourg : Bernard Lesage, Claude Ferrier, François Papirer, Jean-Paul Bernard, Keiko Nakamura, Olaf Tzschoppe

La programmation du Noir de l’Étoile de sur la place de l’église de Villar d’Arène, face au glacier et sous la voûte céleste faisait l’événement du Festival Messiaen au Pays de la Meije. L’aventure était risquée et malgré le froid et un nuage menaçant au-dessus de nos têtes qui finit par crever en une pluie fine mais sans gravité, les (dont on fête cette année les 50 ans d’existence !), postées en six points autour du public, faisaient naître le grand frisson.

Disparu brutalement à l’âge de 52 ans, fut l’un des brillants élèves (entre 68 et 72) de la Classe de Messiaen fêtée dans l’édition 2012 du Festival. Le Noir de l’Étoile reste une partition atypique dans son catalogue, même si elle reprend textuellement Tempus ex Machina (1978) en première partie. Œuvre pour percussions seules, elle ne sollicite que les peaux et les métaux à l’exclusion des claviers et instruments à hauteur déterminée. La composition nait de la collaboration quasi scientifique du musicien avec l’astro-physicien français Jean-Pierre Luminet qui était venu, en amont, nous parler du ciel et des étoiles et de la genèse de la partition. Si les pulsars (masses résiduelles qui tournent en émettant un signal sonore) que le compositeur visionnaire décide d’intégrer à son œuvre, n’étaient pas captés ce soir en direct comme ils le furent lors de la création à Bruxelles en mars 1991, leur diffusion à travers les haut-parleurs, lorsque Gérard Grisey, par trois fois dans sa partition, dit « ouvrir des fenêtres » pour nous mettre à l’écoute de ses phénomènes naturels, n’en était pas moins émouvante. Il s’agissait pour lui « de les laisser exister simplement comme des points de repère au sein d’une musique qui en serait en quelque sorte l’écrin ou la scène ». L’énergie phénoménale, quoique un peu systématique, déployée par les interprètes pour impulser les mouvements de rotation dans l’espace, souligner les effets de ralentissements et d’accélérations par le contraste des matières percutées est spectaculaire et ne laisse de captiver l’écoute d’un auditoire subjugué. On y remarquait d’ailleurs tous les enfants préparés en amont par les interventions de Gaetan Puaud lui-même, à la faveur d’une convention passée par le Festival avec la Communauté de commune du Briançonnais pour sensibiliser le jeune public à la musique d’aujourd’hui.

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