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Alvin Ailey, compagnie exceptionnelle, mais…

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Paris. 21-VII-2012. Théâtre du Châtelet : Alvin Ailey American Dance Theater, dans le cadre des Etés de la Danse. Soirée de clôture. Directeur artistique : Robert Battle. Directeur artistique associé : Masazumi Chaya. Pièces présentées : Minus 16, chorégraphie : Ohad Maharin ; Love Stories, chorégraphie : Judith Jamison, avec Rennie Harris et Robert Battle ; Révélations, chorégraphie : Alvin Ailey

Tout a déjà été écrit, ou presque, sur la formidable compagnie américaine . Celle-ci s’est en effet déjà produite 28 fois sur la scène du Théâtre du Châtelet dans le cadre de la 8ème édition des Etés de la Danse. ResMusica a assisté à la dernière représentation parisienne de la compagnie. Si le niveau exceptionnel de la troupe nous a laissé sans voix, le choix des chorégraphies – à l’exception de la mythique pièce Révélations – nous a par contre laissé dubitatif. Retour sur une soirée en demi-teinte.

Débuter une dernière par ce pot-pourri maladroit qu’est Minus 16 était-il vraiment pertinent ? Ce ballet, signé par Ohad Maharin, se compose d’un assemblage d’extraits « recyclés » du chorégraphe. La partition, à l’image de la chorégraphie, mêle maladroitement Vivaldi, les Beach Boys et des airs traditionnels israéliens. Le début de la pièce nous avait pourtant agréablement surpris : à l’heure où les ouvreurs placent les spectateurs et où ces derniers sont habituellement plongés dans la lecture du programme, un danseur commence le show, seul en scène. Bluffant. La première partie du ballet est également de bon augure : le jeu chorégraphique avec les chaises met en valeur la danse puissante et nerveuse des interprètes. Mais on passe soudainement du coq à l’âne, avec un adage auréolé d’une ambiance mystique. On a du mal à adhérer à ce changement d’atmosphère trop artificiel. Le pire est à venir, lorsque les danseurs descendent dans le parterre et invitent le public à venir improviser sur scène avec eux. Le moment est hautement convivial, certes. Le public semble s’amuser, certes. Cependant, on comprend mal qu’une compagnie de cette qualité se fourvoie dans un interlude digne d’une émission de variété. Déception.

Love Stories est la seconde chorégraphie qui nous est présentée. Ce ballet, qui se découpe en trois séquences, apparaît comme une rétrospective de l’histoire de la compagnie. Jamar Roberts nous enchante lors de son solo sur une musique de Stevie Wonder. C’est sublime. Et trop court. Car à l’émotion réelle de cette scène succède de longs interludes de hip-hop. C’est parfaitement dansé, mais ce parti pris chorégraphique nous semble un peu facile. Des danseurs de cette envergure auraient mérité mieux que cet assemblage de figures de rue accompagnées d’une musique techno plutôt crispante. On compte les minutes et l’on fait bien, car la dernière partie de la pièce est franchement réussie. Vêtus de combinaisons oranges très futuristes, les danseurs nous présentent un langage inédit, virtuose et parfaitement maîtrisé. Mention spéciale à la ravissante .

La soirée se clôture avec Révélations, une pièce culte que l’on ne présente plus. Epoustouflante. Flamboyante. Surprenante. Emouvante : autant d’adjectifs qui restent en deçà de la réalité. Les tableaux rivalisent d’inventivité, d’intelligence et d’esthétisme. Enorme coup de cœur pour le trio des hommes dans Sinner Man qui a véritablement mis le feu à la salle. , qui n’avait que 29 ans lorsqu’il a créé cette pièce, a réussi un coup de maître qui a parfaitement résisté à l’assaut du temps. Chapeau bas !

La compagnie Alvin Ailey est une bombe hautement explosive que l’on n’a pas envie de désamorcer. Il apparaît d’autant plus navrant que les danseurs de la troupe soient associés à des chorégraphies pas toujours à la hauteur de leur talent.

Crédit photographique : Revelations © Eduardo Patino NYC

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Paris. 21-VII-2012. Théâtre du Châtelet : Alvin Ailey American Dance Theater, dans le cadre des Etés de la Danse. Soirée de clôture. Directeur artistique : Robert Battle. Directeur artistique associé : Masazumi Chaya. Pièces présentées : Minus 16, chorégraphie : Ohad Maharin ; Love Stories, chorégraphie : Judith Jamison, avec Rennie Harris et Robert Battle ; Révélations, chorégraphie : Alvin Ailey

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