Le Quatuor Mandelring pèche (encore) par trop de perfection

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Félix Mendelssohn-Bartholdy (1809-1847) : Quatuor à cordes op.12, 13 et Quatuor en mi bémol majeur. Quatuor Mandelring. 1 SACD Audite. Référence 92.656. Code barre 4022143926562. Enregistré à Klingenmünster les 12-13 avril 2011 et 21-22 novembre 2011. Notice bilingue (allemand, anglais). Durée : 76’12

 

Il peut paraître paradoxal que la critique se morfonde de l’absolue perfection technique d’un interprète ou d’une formation. Pourtant, les reproches qu’il nous faut (encore) adresser au sont cet ordre : sa recherche d’idéal plastique (pleinement atteint) manque d’un souffle vital qui rendrait pleinement justice à des pages de déjà remarquablement bien servies au disque par les Emerson (DGG), Melos (DGG) ou Leipzig (MDG), pour ne citer qu’eux.

Le premier volume de cette nouvelle intégrale appelle en effet les mêmes réserves que le coffret Chostakovitch  à propos duquel nous soulignions l’irréprochabilité du modelage autant que le manque d’engagement émotionnel. Et une fois encore, les membres du de polir un objet musical comparable aux photographies sur papier glacé de mannequins trop idéaux. Dans les deux cas, le destinataire « admire » la perfection de l’image (visuelle ou sonore) mais n’éprouve aucun véritable désir face à une représentation trop apollinienne des choses.

Certes, les musiciens jouent et respirent comme un seul homme, tissent une texture idéale d’équilibre, font preuve d’une sonorité chaude et moelleuse, dosent à merveille les proportions et manient avec brio des archets pleins d’une autorité mêlée de souplesse. Ils ne parviennent cependant pas à insuffler à ces pages ce que l’on attend du génie mendelssohnien (très imprégné du dernier style de Beethoven dans l’op. 13) : un supplément d’âme et de personnalité propre. Si l’on n’entend ici que mécanique bien huilée, force est de constater que le lien entre interprètes et auditeurs ne se fait pas. Sur le plan discographique, leur réalisation la plus intéressante reste probablement celle consacrée aux quatuors de Janáček (si leur gravure ne surpasse pas celle des Pražak (Praga Digitals) elle propose la version alternative des Lettres intimes avec viole d’amour –reconstruction de l’idée originelle du compositeur). Ce disque-ci ne dépareillera aucune discothèque mais n’apporte rien d’essentiel.

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