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Les Préludes de Debussy par Aimard

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Claude Debussy (1862-1918) : Préludes, livres 1 et 2. Pierre-Laurent Aimard, piano. 1 CD Deutsche Grammophon. Réf. : 477 9982, code barre : 0 28947 79982 5. Enregistré à la salle de musique de La Chaux-de-Fonds (Suisse) lors d’Arc en Scène en mai 2012. Notice trilingue : français, anglais, allemand. Durée : 79’46

 

 « Les Préludes. Ils sont indivisibles. Les deux livres ne forment qu’un seul poème, ne dessinent qu’un seul parcours : à l’exécutant d’entraîner le public avec lui dans les vingt-quatre étapes de ce voyage. » Ces propos de Gilles Macassar et Bernard Mérigaud (. Le plaisir et la passion. Découvertes Gallimard/Télérama. 1992) montrent combien l’interprète a le loisir de  s’exprimer en fonction des différents étages interprétatifs possibles. La modernité de l’écriture de Debussy, les choix esthétiques, le tempérament  invité à s’exprimer,  sont quelques-uns des paramètres mis à la disposition de lectures variées. Les Préludes ont inspiré d’innombrables pianistes. Citons de manière subjective Michelangeli (DG), Arrau (Philips), Ciccolini (EMI), Cassard (Decca) et Zimerman (DG). Tous ont subi et sublimé cette musique ouverte sur tant de possibles. aborde ces partitions avec toute sa technique faite de rigueur extrême, de précision quasi chirurgicale, de contrôle rigoureux des émotions et de respects scrupuleux des indications précises portées par Debussy sur ses partitions.

De tout cela il résulte une lecture plutôt décapée refusant tout rapprochement romantique ou impressionniste. Sa retenue contraste avec certaines attractions ou tentations sentimentales de ses concurrents sans pour autant se superposer au modernisme sec et glacial d’un Zimerman. Sa pureté bienvenue n’amoindrit nullement l’impact sur l’auditeur, son absence de chatoiement et de sensualité –même si elle manque inévitablement – n’obère étonnamment pas l’impression globale. Celle d’une vision inspirée et inspirante de ces Préludes visionnaires composés entre 1909 et 1912, que l’auteur créa en partie, de même que le virtuose Ricardo Viňes à la Société musicale indépendante, aux Concerts Durand ou encore à la Société nationale entre 1910 et 1913. Si « le prélude, c’est l’avant-propos éternel d’un propos qui jamais n’adviendra » (Jankélévitch), chez Debussy il aura  recruté une bonne part de son génie ouvrant la voie à d’infinies prospectives.

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Claude Debussy (1862-1918) : Préludes, livres 1 et 2. Pierre-Laurent Aimard, piano. 1 CD Deutsche Grammophon. Réf. : 477 9982, code barre : 0 28947 79982 5. Enregistré à la salle de musique de La Chaux-de-Fonds (Suisse) lors d’Arc en Scène en mai 2012. Notice trilingue : français, anglais, allemand. Durée : 79’46

 
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