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Nadège Rochat, jeune fille (trop) sage

À emporter, CD, Musique symphonique

Edouard Lalo (1823-1882) : Concerto pour violoncelle, Divertissement pour orchestre : musique de ballet de l’opéra Fiesque, Scherzo Presto ; Darius Milhaud (1892-1974) : Concerto pour orchestre n°1 op.136. Nadège Rochat (violoncelle), Württembergische Philharmonie Reutlingen, Ola Rudner (direction).1 SACD Ars Produktion. Référénce : ARS 38119 Code barre : 4260052381199. Enregistré les 6-9 décembre 2011. Notice bilingue (allemand, anglais). Durée : 67’21’’

 

Si la valeur n’attend pas le nombre des années, certains musiciens arrivent un peu « tendres » sur un marché discographique où il est plus que jamais difficile de se faire une place. Celle de , violoncelliste genevoise de 21 ans, n’est pas totalement assurée par cet enregistrement bien léché mais un peu immature.

Le Concerto en mineur d’Edourad Lalo semble en effet un peu large pour ses (jolies) épaules – dénudées sur quatre charmants clichés alors qu’aucune traduction française de la notice n’est proposée (le label Ars Produktion souhaiterait-il nous vendre un book autant qu’un disque ?). Dans le mouvement initial, Rochat trace ses phrasés d’une écriture ronde là où l’on voudrait un profil musical plus anguleux. Si elle propose ailleurs quelques instants d’un beau lyrisme presque vocal, elle paraît globalement se poser en première de classe trop sage plutôt qu’en élève frondeuse. Cependant, la violoncelliste doit maintenant comprendre qu’il ne s’agit plus pour elle de séduire un jury de conservatoire mais de s’imposer au niveau supérieur ; ce qui va lui demander un peu plus de combativité à tous niveaux…

Si on ne l’y prend jamais en défaut de virtuosité, elle ne pimente pas non plus particulièrement l’opus 136 de Milhaud. L’indication Nonchalant du mouvement initial lui va plutôt bien mais l’autorité lui manque dans le finale – où elle se laisse submerger par l’orchestre, ce qui est déjà parfois le cas dans la partition de Lalo. On ne trouve toutefois ici rien de mal fait et Rochat n’a pas à rougir de ce galop d’essai. Elle possède largement toutes les qualités techniques et musicales pour faire d’intéressantes choses et tient son avenir au bout de l’archet. Le reste dépendra de sa volonté de nous emmener un peu plus loin.

La prestation de la montre le niveau technique des orchestres de province allemands mais la prise de son, qui ressemble plutôt à une mise en espace de la formation instrumentale, ne met jamais la soliste en position de dominer le(s) plan(s) sonore(s) lorsqu’elle le devrait. Que dire de la direction du Suédois ? Rien… Le chef est d’une passivité inquiétante et ne semble avoir aucune véritable intention musicale. Il assure la mise en place mais laisse s’écouler la musique de manière ennuyeuse et monotone (les interludes de Fiesque !) sans jamais rien tenter d’imaginatif. Souhaitons à Rochat de trouver à l’avenir partenaire plus inspiré !

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