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I Love Rachmaninov : la victoire de Goerner

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Liège. Salle philharmonique. 03-II-2013. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Aleko, introduction et danses. Concerto pour piano n°3. Nelson Goerner, piano. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : George Pehlivanian.

Le festival que l’OPRL consacre cette saison à débutait ce samedi en la salle philharmonique de Liège. Ce festival construit son affiche autour de quatre pianistes dont les mélomanes liégeois sont déjà familiers et  propose d’entendre les quatre concertos pour piano et orchestre en l’espace de deux semaines. Pour compléter le reste de la programmation, quelques pages symphoniques excluant curieusement l’Ile des Morts, son poème symphonique pourtant le plus fameux.

Les festivités débutaient ce samedi par un récital du pianiste argentin .  Ce dimanche, nous entrions dans le vif du sujet avec la première programmation d’un concerto, à savoir le Concerto n°3, toujours sous les doigts de . En amuse-bouche, l’orchestre a interprété quelques pages de  l’opéra Aleko, composé par le jeune Rachmaninov dans le cadre de son examen final du Conservatoire. Le chef d’orchestre met habilement en valeur ces courts extraits dont l’orchestration va le plus souvent à l’essentiel. On y trouve un pupitre de bois en belle forme, dans une introduction toute en rondeur. La danse des dames nous présente un orchestre réactif, soutenu avec brio par un pupitre de percussions précis, efficace et mesuré. La densité que le chef insuffle au lyrisme facile mais efficace (ne boudons pas notre plaisir…) de cette pièce est certainement révélatrice des affinités de avec le monde de l’opéra.

Trouver la juste  balance entre un soliste et l’orchestre constitue toujours un exercice pour le moins périlleux pour les exécutants. Au disque, on parvient le plus souvent à atteindre cet équilibre grâce à un jeu subtil sur une table d’enregistrement. Dans le cadre d’une exécution en concert, l’acoustique d’une salle est généralement le premier ingrédient d’une recette souvent capricieuse. Chose inhabituelle, c’est le soliste qui nous a semblé masquer l’orchestre cet après-midi et non le contraire.  Nous avons profité de l’énergie implacable d’un pianiste chez qui la virtuosité ne vide en rien la musique de son essence. Le lyrisme de l’orchestre se confondant avec merveille au chant de l’instrument de Nelson Goerner. Le « son » de Goerner est d’une densité impressionnante. Il est également assez sophistiqué, avec des nuances assez marquées soulignant chaque fragment mélodique.  La contrepartie de cette écoute privilégiée de la partie soliste, c’est malheureusement un sentiment de frustration quant au travail de l’orchestre. Une multitude de détails jouissifs nous ont en effet échappé, happés par le piano souverain.

Enfin, l’interprète, massivement applaudit au terme de ce concerto fiévreux force encore notre respect lorsqu’il se rassoit au piano pour interpréter  un nocturne de Chopin. La délicatesse et la sensibilité dont Goerner fait preuve tout au long de ce bis, au sortir d’un concerto aussi exigeant sont certainement les plus beaux souvenirs que nous conservons de ce concert.

Crédits photographiques : Nelson Goerner  © D.R.

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Liège. Salle philharmonique. 03-II-2013. Sergueï Rachmaninov (1873-1943) : Aleko, introduction et danses. Concerto pour piano n°3. Nelson Goerner, piano. Orchestre Philharmonique Royal de Liège, direction : George Pehlivanian.

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