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La Favorite de retour à Paris

La Scène, Opéra, Opéras

Paris. Théâtre des Champs- Élysée. 7-II-2013. Gaetano Donizetti (1797-1848) La Favorite, opéra en quatre actes sur un livret d’Alphonse Royer et Gustave Vaëz. Mise en scène: Valérie Nègre. Avec : Alice Coote, Léonor de Gusman ; Marc Laho, Fernand ; Ludovic Tézier, Alphone XI ; Carlo Colombara, Balthazar ; Loïc Félix, Don Gaspar ; Judith Gautier, Inès. Chœur de Radio France, Chœur du Théâtre des Champs- Élysée, chef de chœur Lucie Deroïan. Orchestre National de France direction : Paolo Arrivabeni.

Il y a plus de vingt ans que Paris n’avait pas eu le privilège d’entendre le premier opéra de Donizetti entièrement conçu en français, La Favorite. La dernière production remonte à 1991 à l’Opéra Comique, dans une distribution qui n’avait à l’époque pas convaincu. La carence est réparée, et cette fois-ci les interprètes donnent lustre et éclat à la partition, et soulèvent l’enthousiasme.

, en particulier, est impérial dans le rôle d’Alphonse. Le timbre toujours aussi somptueux, la diction tranchante, l’autorité naturelle de cette voix, et même son habituelle raideur scénique, dessinent un roi d’Espagne de grande allure.

L’immense baryton était le seul rescapé de la distribution d’origine. Nous n’avons donc pas entendu Celso Abelo, remplacé par . On a presque envie de dire tant mieux, car ce beau ténor, qui a déjà chanté Raoul des Huguenots et le Gustave III d’Auber, est un familier du Grand Opéra français. Rappelons-le, La Favorite n’est pas un épigone de l’opéra italien La Favorita, c’est le contraire. Tout dénote dans la partition la volonté de plaire au public parisien du XIXème siècle, que ce soit le découpage en quatre actes, le ballet (supprimé dans la présente production), l’absence d’acrobaties vocales, et même les vers de mirliton, qui font immanquablement rimer respire et zéphyr, charmant et amant, cœur et bonheur… ce qui ne manque pas de provoquer l’hilarité du spectateur moderne. Bref, possède une grande connaissance du style requis, et nous enchante de sa déclamation précise, de sa jolie ligne et de ses aigus vaillants.

, annoncée souffrante, est une bonne surprise en Léonor. Les premières minutes la trouvent un peu molle dans ses inflexions, mais elle se ressaisit rapidement et nous régale de beaux accents sombres, d’une prononciation soignée et d’un investissement dramatique sans faille.

, est un Balthazar sonore et solide. Les seconds rôles, Loïc Félix et , sont irréprochables.

La satisfaction n’est hélas pas la même en ce qui concerne la mise en scène. Valérie Nègre s’est contentée de planter ça et là plusieurs rochers en carton-pâte et un canapé, et d’indiquer quelques mouvements chorégraphiques sautillants au chœur, qui font ressortir à merveille le pompiérisme de certains passages. Elle a ensuite laissé les protagonistes se débrouiller par eux-mêmes. On est heureux dans ces conditions de ne pas avoir vu le ballet ! Le résultat, pas plus dérangeant qu’un concert en costumes, ne méritait pas toutefois les huées dont on l’a abreuvée, mais plutôt une indifférence polie. Espérons néanmoins qu’elle n’a pas été trop cher payée pour ce bâclage.

connait son Donizetti sur le bout des doigts, et insuffle à l’ une belle ligne, une articulation précise et des accents émouvants.

Photos © Vincent Pontet/WikiSpectacle

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