Eschenbach à Paris avec le National Symphony Orchestra Washington

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 10-II-2013. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Egmont (Ouverture), op. 84. Béla Bartók (1881-1945) : Concerto pour piano et orchestre n° 2, Sz. 95. Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n° 2 en ré majeur op. 73. Tzimon Barto, piano. National Symphony Orchestra Washington, direction : Christoph Eschenbach

Le retour de à Paris en tant que directeur du Washington, pour la tournée européenne de l’orchestre, a été marqué par un programme épatant : Beethoven, Brahms et Bartók, trois B, trois styles différents, diverses difficultés interprétatives.

L’Ouverture Egmont, avec son introduction lente et tragique, entame un concert riche en puissance sonore et lourds silences. Lancée dans un crescendo impérieux, l’orchestre montre dès le début son potentiel sonore qui éclatera plus tard avec Bartók et Brahms tout particulièrement.

Le Concerto n° 2 de Bartók avec son écriture démocratique (le piano et l’orchestre ayant la même importance), résume l’idée de « géniale simplicité » du compositeur hongrois. Dans le premier mouvement Allegro, affiche toute son habilité technique, un jeu très clair et propre qui alterne légèreté et puissance sonore. La morphologie de sa main lui permet d’exécuter avec facilité et précision les multiples passages en octave alors que l’ample mouvement des bras lui fait gagner en souplesse. Une très bonne gestion des pédales tout particulièrement dans le deuxième mouvement lent, contribue à la création d’un son suspendu, éthéré. Ici la synergie entre le piano et les timbales qui se produisent dans de nombreux glissandi est impeccable. Les multiples difficultés cachées partout dans ce concerto expliquent probablement le choix du pianiste de jouer avec la partition sous les yeux. Si cela reste inusuel pour la Salle Pleyel, cet excès de prudence ne réduit en rien les difficultés rythmiques des brusques changements.

En clôture du programme, la Symphonie n° 2 de Brahms également connue sous le nom de « Pastorale de Brahms » pour son caractère Ländler. Pour sa direction Eschenbach prévoit un effectif de 79 instrumentistes avec un cor supplémentaire par rapport à l’ensemble prévu en partition. Le tout est très élégant. La direction mesurée mais chaleureuse et limpide à la fois tire de cet orchestre une rayonnante sonorité. Des effets de puissance et de dynamisme sonore alternent avec des passages très doux et chantants. Si le dialogue entre la flûte et les cordes dans le premier mouvement reste considérable, au contraire le solo du cor avant le coda n’apporte pas la magie attendue.

Mais la spontanéité du chef allemand l’emporte sur tout et souligne, sans le moindre artifice, la richesse de l’invention autant mélodique qu’harmonique de Brahms.

Crédit photographique : © Michel Brissaud

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