Saint-Saëns et Fauré en lecture chambriste

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Camille Saint-Saëns (1835-1921) : Introduction et Rondo capriccioso en la mineur, op. 28 ; Concerto pour violon et orchestre n° 1 en la majeur, op. 20 ; Romance pour violon et orchestre en do majeur, op. 48. Gabriel Fauré (1845-1924) : Pelléas et Mélisande, suite op. 80 ; Berceuse, op. 16. Deborah Nemtanu, violon ; Orchestre de chambre de Paris, dir. Thomas Zehetmair. 1 CD Mirare. Réf. : MIR 193, code barre : 3 760127 221937. Enregistré au Centquatre à Paris en septembre 2012. Notice trilingue : français, anglais et allemand. Durée : 50’

 

Ce qui fait l’originalité de ce programme de musique française, par ailleurs largement jouée, tant au disque qu’en concert, tient à la volonté affichée de l’, anciennement nommé Ensemble orchestral de Paris, de proposer des lectures et des interprétations « chambristes ». Plus, il œuvre efficacement pour mener ces merveilleuses musiques françaises – mais pas uniquement – à de nouveaux auditeurs, en les décantant et en les dépoussiérant en quelque sorte. Pour ce faire, il accepte et sollicite le renfort d’excellents chefs (hier, Jean-Pierre Wallez, Armin Jordan, John Nelson ; plus récemment Roger Norrington, ). Il s’assure également du talent partout reconnu de solistes de la valeur de Vadim Repin, Maxime Vengerov, Emmanuel Pahud, Louis Langrée, Aldo Ciccolini, les sœurs Labèque, Gidon Kremer… Ce programme de musique française défend prioritairement et son élève avec des partitions très connues comme l’entraînant et très mémorisable opus 29 du premier (Introduction et Rondo capriccioso en la mineur) ou encore la belle chaleureuse Romance pour violon et orchestre en do majeur. Moins répandu mais de très haut niveau et savamment orchestré  le Concerto pour violon et orchestre n° 1 en la majeur. Tous ces chefs-d’œuvre typiquement conçus  dans l’esprit français d’alors reçoivent  une interprétation fort intéressante sous les doigts de la violoniste , habituellement violon solo supersoliste de l’ mené par le chef (et violoniste) autrichien . Les deux partitions de , célèbres et souvent entendues, paraissent délicates et frêles, trop peut-être pour les habitués à un orchestre plus opulent et plus immédiatement impressionnant.  Ainsi, nous découvrons quasiment dans le même temps, le temps de cette audition, la plus-value  d’une lecture décantée et perçue comme très présentable et le désagrément  d’un excès de transparence, à notre sens légèrement dommageable au rendu d’une œuvre comme la Suite opus 80, Pelléas et Mélisande. Position cependant  peu propice à remettre profondément en cause l’intérêt de ce travail qui, avec bien d’autres, n’ambitionne qu’à donner de la musique française, ici  placée dans la sphère élaborée par Saint-Saëns et Fauré,  le meilleur d’elle-même.

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