Dulle Driet de Giovanni Verrando

À emporter, CD, Musique d'ensemble

Giovanni Verrando (né en 1965): Dulle Griet pour ensemble amplifiié; Third Born Unicorn, remind me what we’re fighting for pour violon électrique et électronique; First Born Unicorn, remind me what we’re fighting for pour flûte amplifiée; Quartetto n°3 pour quatuor à cordes; Second Born Unicorn, remind me what we’re fighting for pour piano; Il ruvido dettaglio celebrato da Aby Wartburg pour ensemble de chambre; Triptych #2 pour ensemble électrique. Mdi Ensemble (1,4,5,8,9): Sonia Formenti, Gianni Biocolino, flûtes; Paolo Casiraghi, clarinette; Luca Leracitano, piano; Simone Beneventi, percussions; Lorenzo Gentili Tedeschi, Jacopo Bigi, violon, Paolo Fumagalli, alto; Giorgio Casati, violoncelle. RepertorioZero: Francesco Zago, guitare électrique; Eleonora Ravasi, claviers; Simone Beneventi, percussions; Lorenzo Gentili Tedeschi, Jacopo Bigi, violons électriques; Paolo Fumagalli, alto électrique; Giorgio Casati, violoncelle électrique. Direction Pierre-André Valade. Aeon. AECD 1328; code barre 3 760058 320286; enregistré le 15-18/04/2011, Cavalli Musica Castrezzato; 17/11/2011 (6,7) à Vivienda, Milano. Texte français/anglais; 54’23.

 

Cet album monographique du compositeur italien – dont les oeuvres d’orchestre dirigées, comme dans le présent enregistrement, par l’excellent , ont fait l’objet d’un premier CD en 2008 chez Stradivarius – réunit des pièces de petit effectif incluant ou non un dispositif électrique. Poursuivant depuis plus de dix ans des recherches sur la lutherie électronique, Verrando est, en 2007, co-fondateur de , un ensemble qui joue des instruments électriques et collabore à cet enregistrement au côté de l’ensemble milanais Mdi.

Des sept pièces de l’album, trois parmi les plus récentes (2008-2010) sollicitant l’électricité témoignent du travail d’hybridation/saturation du matériau mené depuis quelques années par le compositeur. Ainsi la première pièce pour ensemble amplifié Dulle Griet, dont le titre est emprunté au peintre Pieter Brueghel, recherche-t-elle l’ambiguité des deux sources instrumentale et électronique, créant un flux continu d’une matière soumise à de violents changements de régime: du spectre saturé, où fusionnent toutes les énergies, aux matières les plus ténues jouant sur la variété du grain et l’apparition/déformation du timbre instrumental.

Troisième d’une série de pièces au titre un rien énigmatique, Third Born Unicorn, remind me what we’re fighting for (2009) pour violon électrique et électronique développe un travail sur les masses et la couleur d’un matériau souvent saturé et très bruiteux au sein duquel la source acoustique n’est plus perceptible même si le geste instrumental induit toujours l’énergie du son. La même démarche préside à l’écriture de Triptych #2 (2008) pour ensemble électrique dans laquelle la fusion des sonorités et le travail du matériau, spécifique pour chacun des trois mouvements, approchent la conception d’une pièce électronique pure, n’était la fulgurance du geste instrumental qui nourrit la dramaturgie sonore, dans le second mouvement notamment, Harmonic domains #3.

First born, Unicorn, remind me what we’re fighting for (2001) pour flûte amplifiée – mais non transformée – est une sorte d’esquisse ménageant une certaine transparence dans sa facture. La pièce sollicite une grande variété de modes de jeu pour faire naître autant de morphologies sonores à la faveur d’une écriture très plastique. Second Born Unicorn, remind me what we’re fighting for (2002) pour piano est un diptyque où s’opposent le geste ludique du premier volet et l’évocation poétique du second, creusant la résonance d’un « piano/cloche » légèrement préparé. D’un titre tout aussi sophistiqué, Il ruvido dettaglia celebrato da Aby Wartburg (un maître de la Renaissance célébrant le détail) pour ensemble de chambre (2002) est en quelque sorte le « work in progress » de la pièce pour piano susdite. Musique de timbres à l’écriture très raffinée, le second volet fonctionne sur des gestes répétitifs et louvoie entre violence et fragilité extrême. La prise de son exemplaire est ici au service de la précision et de l’engagement de chacun des instrumentistes.

Comme dans la majorité des pièces instrumentales de cet album, l’écriture de Quartetto n°3 pour quatuor à cordes (2003) procède de la pensée électronique et s’émancipe du cadre traditionnel du genre. Dans ce diptyque très singulier, si le premier mouvement est un jeu de textures en constante mutation sur des pattern mélodico-rythmiques, le second instaure un théâtre de sons beaucoup plus étrange dont la trajectoire fantasque induit un travail impressionnant et très plastique sur la matière souvent bruitée des 16 cordes du quatuor.

Banniere-ClefsResmu-ok

Mots-clefs de cet article
Reproduire cet article : Vous avez aimé cet article ? N’hésitez pas à le faire savoir sur votre site, votre blog, etc. ! Le site de ResMusica est protégé par la propriété intellectuelle, mais vous pouvez reproduire de courtes citations de cet article, à condition de faire un lien vers cette page. Pour toute demande de reproduction du texte, écrivez-nous en citant la source que vous voulez reproduire ainsi que le site sur lequel il sera éventuellement autorisé à être reproduit.