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Nantes : L’Enlèvement au sérail sauvé par sa distribution

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Nantes. Théâtre Graslin. 17-III-2013. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : L’Enlèvement au sérail, singspiel en 3 actes sur un livret de Gottlieb Stephanie le jeune. Mise en scène : Alfredo Arias. Décors : Roberto Platé. Costumes : Adeline André. Lumières : Jacques Rouveyrollis. Avec : Elena Gorshunova, Konstanze ; Frédéric Antoun, Belmonte ; Beate Ritter, Blonde ; François Piolino, Pedrillo ; Jan Stava, Osmin ; Markus Merz, Selim. Choeur d’Angers-Nantes Opéra (direction : Sandrine Abello), Orchestre National des Pays de la Loire, direction : Sascha Goetzel.

Après Montpellier et avant Liège, la production de l’Enlèvement au sérail signée par fait étape à Nantes. Le metteur en scène rejette toute turquerie et choisit l’intemporalité pour centrer son propos sur les caractères et les confrontations. Malheureusement, il n’est pas en mesure de nous proposer la direction d’acteurs au cordeau qui légitimerait cette option. Sa régie se révèle assez statique et impose trop souvent aux chanteurs une gestuelle maladroite voire parfois triviale. Le dispositif scénique est plus intéressant, notamment dans sa représentation stylisée de l’intérieur du harem, mais que dire d’un chœur des janissaires figé et sinistre. Après une ouverture menée avec conviction et rondeur, la représentation tarde à démarrer. Mozartien stylé, semble contraint et peine à s’épanouir vocalement tandis que Jan Stava affiche des moyens prometteurs mais trahit son manque d’expérience dans un chant qui reste assez scolaire. Le jeu forcé de Markus Merz ne nous permet par ailleurs pas un seul instant de croire à son personnage de pacha écorché vif.

Ce n’est qu’à l’arrivée de Konstanze que nous commençons à vibrer. apporte en effet d’entrée une note de fraîcheur avec son timbre fruité, ses accents justes et la franchise de son aigu. Elle parvient à enchaîner un Traurigkeit d’une intense émotion avec un Martern aller arten très intériorisé, d’une impeccable virtuosité et d’une impressionnante véhémence dans les notes finales. Nous sommes incontestablement en présence d’une interprète de grande classe. La Blonde de possède le piquant scénique attendu ainsi qu’une voix fraîche au timbre presque enfantin et aux couleurs chatoyantes. Son duo avec Osmin constitue la scène la mieux traitée et donc la plus amusante de cette production. campe un Pedrillo sympathique ququel ne manque qu’un peu d’envergure vocale dans le final de Frisch zum Kampfe. Enfin, se libère à partir du deuxième acte et nous offre un Ich baue ganz de bonne école.

Très attentif aux chanteurs, propose une lecture équilibrée, ronde et bien construite, et un commentaire orchestral pertinent avec des tempi très justes. Sous sa conduite, le quatuor des amoureux est en particulier un moment de grâce. L’Orchestre National des Pays de Loire répond avec son brio coutumier à toutes les sollicitations.

Crédit photographique : (Konstanze) & (Blonde) © Jef Rabillon pour Angers Nantes Opéra

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Nantes. Théâtre Graslin. 17-III-2013. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : L’Enlèvement au sérail, singspiel en 3 actes sur un livret de Gottlieb Stephanie le jeune. Mise en scène : Alfredo Arias. Décors : Roberto Platé. Costumes : Adeline André. Lumières : Jacques Rouveyrollis. Avec : Elena Gorshunova, Konstanze ; Frédéric Antoun, Belmonte ; Beate Ritter, Blonde ; François Piolino, Pedrillo ; Jan Stava, Osmin ; Markus Merz, Selim. Choeur d’Angers-Nantes Opéra (direction : Sandrine Abello), Orchestre National des Pays de la Loire, direction : Sascha Goetzel.

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