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Carousel en création française au Châtelet

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Paris. Théâtre du Châtelet. 18-III-2013. Richard Rodgers (1902-1979) et Oscar Hammerstein II (1895-1960) : Carousel, musical en deux actes d’après la pièce de théâtre Liliom de Ferenc Molnar, adaptée par Benjamin F. Glazer. Mise en scène : Jo Davies. Décors et costumes : Anthony Ward. Chorégraphie : Kay Shepherd. Lumières : Bruno Poet. Vidéo : Andrzej Goulding. Avec : Duncan Rock, Billy Bigelow ; Kimy McLaren, Julie Jordan ; Lisa Milne, Nettie Fowler ; David Curry, Enoch Snow ; Nicholas Garrett, Jigger Craigin ; Beverly Grant, Louise Bigelow ; Candida Benson, Mrs Mullins ; Chœur du Châtelet (chef de chœur, Stéphane Petitjean), Chœur d’Enfants Sotto Voce (direction musicale, Scott Alan Prouty), Orchestre de chambre de Paris, direction : Kevin Farrell.

On ne change pas une recette qui marche. continue donc de proposer au public parisien de célèbres musicals de Broadway, parfois en création française, comme ce Carousel, coproduit avec Opera North, à Leeds.

Après le grand succès de The Sound of Music (La Mélodie du bonheur) en 2009 et 2011, le Théâtre du Châtelet propose donc une deuxième collaboration du duo Rodgers/Hammerstein II avec Carousel (1945), que la revue Time Magazine n’hésita pas à nommer en 1999 « meilleure comédie musicale du XXe siècle ». Au vu du spectacle qui nous a été proposé, on a un peu de mal à saisir cet engouement démesuré. Car pour quelques épisodes musicaux fameux comme l’irrésistible élan de « La Valse du Carousel », l’un des songs de Billy « Soliloquy » ou la note d’espoir de l’immortel « You’ll Never Walk Alone » que Nettie Fowler chante à Julie, après la mort de son mari Billy (et repris en chœur à la fin de l’œuvre), que de passages quelconques, de dialogues souvent d’une grande platitude, naïveté à endurer (pendant 2h40 de spectacle…), qui distillent un certain ennui. Si les parties dansées réservent de beaux moments, l’agitation sur le plateau, rassemblements, pique-niques, chasse au trésor… finit par fatiguer. L’argument du livret, par son côté tragique, est pourtant d’une certaine originalité pour Broadway. Le personnage principal, Billy, aboyeur dans un manège, séduit l’innocente Julie, entraînant la jalousie de sa patronne, qui finit par le licencier. La jeune femme tombe enceinte et Billy, sans activité et violent, se laisse convaincre par un malfrat de commettre un braquage. Devant l’échec de l’opération, il préfère se suicider plutôt que de se rendre. On retrouve le héros dans l’au delà, pendant que son enfant, Louise, grandit sur terre. Billy est momentanément autorisé à l’approcher, ce qui lui permet ensuite de regagner sereinement le ciel.


L’action qui se déroule à la Nouvelle-Angleterre vers 1880 a été transposée ici au début du XXe siècle mais le spectacle fonctionne bien, a une beauté visuelle indéniable (teintes chaudes, boisées), que ce soit dans l’univers de la fête foraine ou dans un cadre tour à tour rural ou maritime.

Le plateau de solistes vocaux et de comédiens se montre d’une bonne tenue, notamment le rôle assez lourd de Billy Bigelow (le baryton Duncan Rock). Le contraste de style entre les couples, Billy et Julie d’une part, Carrie et Enoch Snow d’autre part, est par ailleurs fort éloquent et amusant. Cette réussite d’ensemble fait d’autant plus regretter la relative faiblesse de l’œuvre dans son intégralité, et espérer des « redécouvertes » plus marquantes et inventives au Châtelet, issues de Broadway (ou de l’opérette française, viennoise, germanique…).

Crédits photographiques : Carousel/Théâtre du Châtelet © DR

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Paris. Théâtre du Châtelet. 18-III-2013. Richard Rodgers (1902-1979) et Oscar Hammerstein II (1895-1960) : Carousel, musical en deux actes d’après la pièce de théâtre Liliom de Ferenc Molnar, adaptée par Benjamin F. Glazer. Mise en scène : Jo Davies. Décors et costumes : Anthony Ward. Chorégraphie : Kay Shepherd. Lumières : Bruno Poet. Vidéo : Andrzej Goulding. Avec : Duncan Rock, Billy Bigelow ; Kimy McLaren, Julie Jordan ; Lisa Milne, Nettie Fowler ; David Curry, Enoch Snow ; Nicholas Garrett, Jigger Craigin ; Beverly Grant, Louise Bigelow ; Candida Benson, Mrs Mullins ; Chœur du Châtelet (chef de chœur, Stéphane Petitjean), Chœur d’Enfants Sotto Voce (direction musicale, Scott Alan Prouty), Orchestre de chambre de Paris, direction : Kevin Farrell.

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