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Intégrale des mélodies de Poulenc à l’Opéra Comique

La Scène, Opéra, Opéras

Paris, Opéra Comique (Foyer), les 17, 20, 23, 26, 29-III 2013. Francis Poulenc (1899-1963) : intégrale des mélodies. Cécile Achille, Magali Arnault Stanczak, Eva Ganizate, Sandrine Buendia, sopranos ; Safir Behloul, Patrick Kabongo Mubenga, François Rougier, ténors ; Ronan Debois, Baryton ; Olivier Déjean, Baryton-basse ; Geoffroy Buffière, basse. Marine Thoreau La Salle, Bertrnad Halary, pianos.

La grande nouveauté de l’Opéra Comique pour cette saison 2012-13 est sans doute la création de l’Académie. Son but est d’apprendre aux jeunes chanteurs au début de leur carrière la déclamation, le passage du parlé au chanté, la prosodie du français et, plus généralement, les spécificités stylistiques de l’opéra-comique.
Depuis dix ans, la Compagnie a déjà effectué de laborieux travaux tout à fait louables sur ces points afin de revaloriser le répertoire (leurs membres excellent à la fois dans la déclamation, le chant mais aussi dans les jeux d’acteur), et cela mérite d’être connu au large public ; maintenant, l’installation d’une formation au sein d’une institution nationale va relancer encore davantage la réhabilitation de ce genre à part entière.

Pour la première promotion, outre leur participation à des productions de la maison comme Ciboulette de Reynaldo Hahn ou Cendrillon de Pauline Viardot, les dix « académiciens » ont partagé quelque deux cents mélodies, présentées en cinq concerts. De manière générale, ils excellent dans la diction et on voit tout de suite que l’un des principaux travaux de l’Académie consiste à insister sur ce point. Plus particulièrement, nous constatons que les chanteuses semblent avoir plus d’expérience scénique que leurs camarades masculins, surtout dans l’art de jouer la comédie. Elles incarnent avec beaucoup de facilité dans le personnage qu’elles chantent, ont des expressions naturelles, tant faciales que corporelles. est dans ce sens excellente avec son attitude fière et légèrement hautaine – ce qui fonctionnait d’ailleurs à merveille dans le rôle de Zénobie dans Ciboulette et ici, dans les Trois poèmes de Louise de Vilmorin ainsi que les fameux Chemins de l’Amour. est aussi douée pour des pièces pénétrantes et pleines d’émotions (Sanglots) que celles de caractère (Fiançailles pour rire), et possèdent des timbres aux couleurs assez proches et très agréables, mais pour cette dernière, les Mélodies de Poulenc ne semblent pas adaptées à son répertoire.

Côté masculin, la plupart chantent avec virtuosité et beaucoup d’humour des œuvres pittoresques : Toréador par , qui a reccueilli un grand succès ; Quatre chansons pour enfants par ; Chansons gaillardes par ; Chansons villageoises par , Deux poèmes d’Apollinaire par ; et Le Bestiaire ou Le cortège d’Orphée par . En revanche, pour les mélodies qui exigent un maintien de respiration et une émission soutenue de la voix, certains d’entre eux montrent quelques faiblesses et deviennent rigides. Ce petit problème peut venir du décalage entre la tessiture imaginée par le compositeur et celle de chaque chanteur. Presque tous ont, selon les pièces, les regards fixés sur un point bien précis, et cela peut parfois trahir un manque, ou plutôt une tentative de meilleur contrôle, tant sur le plan psychologique que vocal.

Quoi qu’il en soit, le résultat de la première année de l’Académie est largement concluant, on espère qu’elle poursuivra sur ce chemin aujourd’hui bien tracé pour la meilleure promotion du genre de l’opéra-comique.

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