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Wagner célébré par la Staatskapelle de Dresde

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 24-V-2013. Richard Wagner (1813-1883) : Le Vaisseau fantôme, ouverture ; Eine Faust-Ouvertüre en ré mineur ; Rienzi, « Allmächt’ger Vater » et Ouverture ; Lohengrin, Prélude Acte I et « In fernem Land » ; Tannhäuser : « Inbrunst im Herzen » et Ouverture. Hans Werner Henze (1926-2012) : Fraternité, air pour orchestre. Johan Botha, ténor. Orchestre de la Staatskapelle de Dresde, direction : Christian Thielemann.

Juste après avoir fêté le bicentenaire de la naissance de dans son antre de Bayreuth avec de larges extraits du Ring, amenait son orchestre de la dans une tournée à Paris, Vienne et Venise, avec un programme alliant ouvertures célèbres, le Vaisseau fantôme, Lohengrin, Tannhäuser, avec des pièces plus rarement jouées comme la Faust-Ouvertüre ou les extraits de Rienzi.

Avec un chef à la réputation wagnérienne bien établie et un orchestre de cet acabit on pouvait s’attendre à grimper sur les cimes, ce que le début de l’ouverture du Vaisseau fantôme laissait largement envisager avec des cordes nous plongeant dans les vagues de la tempête qui secouent le bateau du hollandais. Si la suite resta de bon niveau elle ne procura que par moment le frisson de cette introduction. Et fut peut-être à deux doigts de s’interrompre, une sonnerie de téléphone ayant eu le bon gout de se faire entendre sur le silence en point d’orgue marquant la fin de l’Allegro con brio, le chef gardant sa baguette levée et immobile jusqu’à l’extinction de l’importune mélodie avant de lancer l’Andante.

Après cet incontestable tube, la suite et fin de cette première partie de concert allait être consacrée aux pièces plus rares avec la Faust-Ouvertüre et Rienzi. Écrites quasiment en même temps entre 1840 et 1842, précédant l’établissement du vrai style wagnérien, ces deux œuvres laissent entendre encore bien des influences ou héritages tel Schumann,  Mendelssohn ou Weber voire Meyerber, moins Beethoven et pas tellement Liszt qui lui, allait écrire près de quinze ans plus tard une Faust Symphonie complète. Néanmoins on y perçoit déjà les germes du génie wagnérien, ce qui s’entendit fort bien sous la direction dense mais animée du chef, qui réussit à capturer l’attention de l’auditeur jusqu’au bout, et on sait que l’ouverture de Rienzi peut sembler facilement longuette sous d’autres baguettes. Juste avant cette ouverture le chef avait invité le ténor à interpréter un extrait de ce même opéra, l’air Allmächt’ger Vater. En belle forme vocale, le ténor impressionna immédiatement par la puissance et la sureté de l’émission comme par l’intensité expressive qu’il mit dans son interprétation.

Après la pause nous attendaient pour commencer deux extraits de Lohengrin. Tout d’abord le Prélude de l’Acte I qui nous sembla manquer de nuances et du coup ne transmit pas l’émotion attendue par l’extraordinaire climax orchestral vers lequel tend toute cette ouverture. On retrouva ensuite avec plaisir le ténor pour le crucial In fernem Land où Lohengrin révèle qui il est réellement. A l’évidence connait et maîtrise son personnage, dont il a la puissance et les nuances vocales. Il remit le couvert quelques minutes plus tard pour le récit Inbrunst im Herzen de l’Acte III de Tannhäuser tout aussi réussi et fort bien conduit dramatiquement. Le chef lança ensuite sur un tempo qui nous parut légèrement guilleret l’ouverture du même ouvrage, sans sa bacchanale, qui, comme le début du concert eut d’incontestables beaux moments et d’autres plus banals ou moins convaincants parce que trop appuyés ici ou au rubato moins évident là.

Entre les extraits de Lohengrin et de Tannhäuser, le chef et son orchestre ont tenu à honorer la mémoire de décédé en octobre dernier et qui avait été nommé peu de temps avant compositeur résidant de la Staatskapelle. L’œuvre choisie, intitulée Fraternité ne présentait pas vraiment de parenté avec Wagner, et du coup pouvait être perçue comme une rupture dans la continuité du concert. Si elle ne réclamait pas de l’auditeur trop d’efforts pour la suivre, elle n’était pas mémorable pour autant.

La soirée s’acheva par un attendu bis, en l’occurrence un assez enlevé mais un peu tout d’un bloc Prélude de l’Acte III de Lohengrin, qui nous laissa sur l’impression que nous avions assisté globalement à un beau concert sans toujours ressentir le frisson espéré.

Crédit photographique : Christian Thielemann (Mai 2012) © Matthias Creutziger

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Paris. Théâtre des Champs-Élysées. 24-V-2013. Richard Wagner (1813-1883) : Le Vaisseau fantôme, ouverture ; Eine Faust-Ouvertüre en ré mineur ; Rienzi, « Allmächt’ger Vater » et Ouverture ; Lohengrin, Prélude Acte I et « In fernem Land » ; Tannhäuser : « Inbrunst im Herzen » et Ouverture. Hans Werner Henze (1926-2012) : Fraternité, air pour orchestre. Johan Botha, ténor. Orchestre de la Staatskapelle de Dresde, direction : Christian Thielemann.

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