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A l’Opéra Bastille, Signes : au commencement était le sourire

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Paris. Opéra Bastille. 03-VII-2013. Ballet de l’Opéra national de Paris : Signes. Chorégraphie : Carolyn Carlson. Décors et costumes : Olivier Debré. Musique : René Aubry. Lumières : Patrice Besombes. Musique enregistrée. Avec : Marie-Agnès Gillot, Stéphane Bullion et le ballet de l’Opéra national de Paris.

Créé à l’Opéra de Paris en 1997, Signes est devenu un must have du répertoire de la compagnie. Cette œuvre iconique du style Carlson n’a pas pris une ride.

Le ballet est né de la collaboration entre la chorégraphe , le peintre et le compositeur : « Habituellement, explique la chorégraphe, les décors sont conçus en fonction du ballet. Ici, ils ont précédé la danse. Et l’ont inspirée. m’a proposé plusieurs tableaux qu’il avait peints […] J’ai essayé de développer dans ma chorégraphie la signification qu’Olivier a donné à chacun de ses tableaux. » Le peintre avait en effet dû renoncer à son projet d’une exposition sur le sourire, mais, persévérant, proposa à Brigitte Lefèvre (ndlr : directrice du ballet) de créer un ballet sur ce thème. Les sept toiles gigantesques de Debré, sous forme de paysages abstraits, sont évocatrices d’une sensation, d’un souvenir, d’une émotion. La gestuelle Carlson, ample, moelleuse et résolument placée sous le signe de la zen-attitude, colle pile-poil au thème. On voyage : des bords de Loire à la Baltique, en passant par l’Inde de Madurai, les toiles de Debré sont porteuses d’un imaginaire contrasté. Cette diversité présente néanmoins un côté pervers : l’œuvre manque parfois de cohérence, avec une vraie difficulté à relier ce que l’on voit sur scène à l’intention première du créateur (une étude chorégraphique sur la symbolique des signes). Qu’importe : ce qu’on voit sur scène est beau, très beau. Et c’est déjà beaucoup.

La sculpturale tient ici le rôle de sa vie : celui sur lequel elle fut nommée Etoile un soir de mars 2004. Son étrange beauté et sa sensibilité collent parfaitement à l’esprit du ballet. La plus insaisissable de nos étoiles fait montre d’une grâce insensée pendant 1H25. Son partenaire ne démérite pas, imposant sa force tranquille sur scène. On notera également les très belles performances des danseurs et , deux fortes personnalités à qui sied le style terrien et minéral de .

Signes est une fête permanente du Ying et du Yang, une œuvre éminemment esthétique, un assemblage réussi de couleurs et de sensations.

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Paris. Opéra Bastille. 03-VII-2013. Ballet de l’Opéra national de Paris : Signes. Chorégraphie : Carolyn Carlson. Décors et costumes : Olivier Debré. Musique : René Aubry. Lumières : Patrice Besombes. Musique enregistrée. Avec : Marie-Agnès Gillot, Stéphane Bullion et le ballet de l’Opéra national de Paris.

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