Du Pré, Gelber : étoiles solistes

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Robert Schumann (1810-1856) : Concerto pour violoncelle et orchestre en la mineur, Op.129 ; Johannes Brahms (1833-1897) : Concerto pour piano et orchestre n°1 en ré majeur, Op.15. Jacqueline Dupré, violoncelle ; Bruno Leonardo Gelber, piano. Rundfunk-Sinfonieorchester Berlin, direction : Gerd Albrecht. 1 CD Audite. Référence 95.622. Enregistré en concert en 1963. Notice de présentation en : anglais et allemand. Durée : 76’26.

 

Ce disque est un pavé de l’histoire musicale. En 1960, la radio de Berlin Ouest (RIAS) créa une série de concerts dédiés aux jeunes artistes. La formule était immuable : deux solistes et un chef d’orchestre autour du programme de leur choix.  Pour participer, il fallait ne pas avoir été invité à se produire à Berlin ensemble. Ainsi, le 5 mars 1963, la grande salle de la Musikhochscule de Berlin accueillait une affiche, désormais mythique : la violoncelliste , le pianiste et le chef .

Agée de 19 ans, livre une interprétation passablement fougueuse mais foncièrement poétique du Concerto pour violoncelle de . La musicienne prend tous les risques, parfois même au risque de l’accroc, dans cette lecture romantique et exacerbée d’une jeune musicienne capable de créer sa propre narration dans cette partition souvent jouée de manière timorée. , en bon maître de Chapelle, est un accompagnateur attentif mais un peu routinier, mais on comprend les difficultés du chef à garder le contact avec un archer si libre et incontrôlable. Certes, il existe des interprétations techniquement plus léchées de ce Concerto, mais la « vie » que lui insuffle la soliste est unique.

Pianiste à l’éternel visage poupin, se présentait à Berlin, auréolé de ses triomphes au 1960. Moins farouchement débridé que Jacqueline Du Pré, le pianiste témoigne d’une stupéfiante maitrise de la structure de l‘œuvre et d’un pianisme assuré qui lui permet de faire ressortir les ombres et les mystères du discours brahmsien. Plus métriquement rigoureux que l’incandescente violoncelliste, le musicien inspire plus Gerd Albrecht qui laisse s’épanouir les instrumentistes berlinois au service d’un sain dialogue piano/orchestre.

Le son est évidement parfois un peu limite en terme de clarté, surtout dans les tutti, mais il ne faut pas bouder ce  concert d’archive foncièrement unique.

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