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Sir Adrian Boult, son legs Vaughan Williams

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Sir Adrian Boult (1889-1983) – THE COMPLETE VAUGHAN WILLIAMS RECORDINGS. Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : Intégrale des 9 Symphonies ; Norfolk Rhapsody n°1 ; In the Fen Country ; The Lark Ascending ; The Wasps, aristophanic suite ; Fantasia on « Greensleeves » (arrangement Ralph Greaves) ; Fantasia on a Theme by Thomas Tallis ; English Folk Song suite (arrangement Gordon Jacob) ; Serenade to Music (version originale et version pour chœur) ; Toward the Unknown Region ; Partita for double string orchestra ; Concerto Grosso for string orchestra ; Concerto en ut pour deux pianos et orchestre ; Job – A Masque for Dancing ; Dona Nobis Pacem ; Fantasia (quasi variazione) on the Old 104th Psalm Tune ; A Song of Thanksgiving ; Flos Campi ; Concerto pour violon en ré mineur « Concerto Accademico » ; The Pilgrim’s Progress. Sir Adrian en répétition (The Pilgrim’s Progress). Vitya Vronsky, Victor Babin, Peter Katin, piano. Harry Gabb, orgue. Hugh Bean, Jean Pougnet, Yehudi Menuhin, violon ; William Primrose, violon alto. Divers solistes du chant. Luton Choral Society ; BBC Chorus ; London Philharmonic Choir. London Philharmonic Orchestra, London Symphony Orchestra, Philharmonia Orchestra, New Philharmonia Orchestra, BBC Symphony Orchestra, Royal Festival Orchestra and Choir, direction : Sir Adrian Boult. 1 coffret 13 CD EMI 9035672. Code barre : 5099990356728. Enregistré entre 1940 et 1976 au Kingsway Hall ; au Wembley Town Hall ; au Studio n°1, Abbey Road ; Londres. ADD [stéréo/mono]. Notices trilingues (anglais, allemand, français) bonnes. Durée : 16 h 03’34.

 

emi_vaughan_williams_adrian_boult_3DIl n’y a guère meilleur contact avec la musique de que cet admirable coffret de 13 CDs reprenant toutes les gravures EMI que Sir a consacrées au grand compositeur anglais. Bien sûr le label britannique a déjà publié un album exhaustif en 30 CDs « Vaughan Williams – The Collector’s Edition » reprenant des œuvres de tous genres avec divers interprètes (EMI Classics 2066362), mais le fait que le coffret sous rubrique soit centré sur un seul chef d’orchestre est très édifiant et instructif.

Lorsque fin des années 60 Sir entama pour EMI sa seconde intégrale des symphonies de (1872-1958), le nom de ce grand symphoniste anglais était encore à peine connu sur le continent, alors qu’avec Sir Edward Elgar (1857-1934), il fut instrumental dans la foisonnante renaissance de la musique anglaise au XIXe-XXe siècle. Sans doute son appartenance « insulaire » à la Perfide Albion y est pour grand-chose, puisque d’un autre côté, au même moment, les mélomanes continentaux découvraient avec enthousiasme – à juste titre d’ailleurs – des personnalités telles que, par exemple, Franz Berwald ou Carl Nielsen. La distribution encore plus universelle du CD par rapport au microsillon vinyle pourra-t-elle nous faire croire que l’exclamation de Mahler « Mon temps viendra » s’appliquerait enfin à la musique de  ? C’est vraiment à espérer, car nous nous trouvons devant un compositeur d’envergure, vraiment attachant, et bien loin d’être académique, comme on l’a trop souvent qualifié par stupide méconnaissance.

Il est d’ailleurs plus que temps que nos léthargiques associations symphoniques lui consacrent enfin l’importance qui lui revient de droit : en plus de quarante ans de concerts à Liège, par exemple, un seul dirigé le 11 février 1972 par Paul Strauss (1922-2007) nous a révélé la sombre Symphonie n°4 en fa mineur (1931-34) que le chef américain considérait comme l’une des plus grandes du XXe siècle…

Deux chefs d’orchestre britanniques, tous deux artistes EMI, ont reçu la totale confiance de Ralph Vaughan Williams de son vivant : Sir John Barbirolli (1899-1970) et Sir Adrian Boult (1889-1983). Le premier créa les Symphonies n°7 « Antartica » (1953) et n°8 (qui lui est dédiée, 1956) ; toutefois le second est responsable de bien plus de créations : s’il n’a pas donné la première audition de Job – A Masque for Dancing (1931) dont il a néanmoins reçu la dédicace, il a par contre créé les Symphonies n°3 « Pastoral » (1922), n°4 (1935), n°6 (1948), Partita for double string orchestra (1948), et Concerto Grosso for string orchestra (1950).

C’est dire les affinités profondes et indiscutables de Boult envers la musique de son ami Vaughan Williams, affinités confirmées par le fait qu’il est le seul à nous avoir laissé deux intégrales des neuf symphonies : la première chez Decca (n°1 à n°8) – Everest (n°9) ; la seconde chez EMI ici présente, qui a l’avantage d’une prise de son plus récente, totalement en stéréophonie moins analytique, plus globale et chaleureuse. En outre, chaque parution en microsillon d’origine de cette seconde intégrale avait comme complément l’une ou l’autre page orchestrale ou chorale de Vaughan Williams que nous retrouvons bien évidemment ici, depuis l’impression symphonique In the Fen Country (1904), d’une fine poésie, admirable de plasticité, jusqu’au chaleureux Concerto Grosso for string orchestra (1950) en cinq parties, en passant par la superbe Serenade to Music (1938), et le diaphane The Lark Ascending (L’Alouette montant vers le Ciel, 1914) pour violon et orchestre, qui reçoit ici la plus subtile interprétation de Hugh Bean, incomparable concertmeister du Philharmonia entre 1957 et 1967.

Les amateurs d’enregistrements historiques seront comblés, puisque EMI leur propose, en plus des versions stéréophoniques toutes ici présentes, l’admirable et bouleversante Fantasia on a Theme by Thomas Tallis, gravée en 78 tours de 1940, Job – A Masque for Dancing et Flos Campi en 1946 avec l’incomparable altiste , la Symphonie n°6 en mi mineur en 1949/50, la Serenade to Music et A Song of Thanksgiving en 1951, le Concerto pour violon en ré mineur en 1952 avec , et toujours en 1952 The Lark Ascending avec le trop peu connu violoniste (qui a donné une gravure exceptionnelle avec Beecham du Concerto pour violon de Delius).

Enfin, « last but not least », EMI n’a pas manqué de clôturer ce coffret par The Pilgrim’s Progress, l’un des cinq opéras que Vaughan Williams nous a laissés, mais pour lequel le compositeur utilisait plutôt l’expression « moralité », et qui en l’occurrence reçoit la contribution d’une pléiade de chanteurs, gratin de l’époque, évidemment la plupart anglais. Ce qui nous donne de surcroît l’occasion d’entendre, en près d’une demi-heure passionnante, la voix et les répétitions du grand chef d’orchestre britannique, et de constater que la belle et méditative Symphonie n°5 en ré majeur (1943) en emprunte une partie du matériau thématique.

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Sir Adrian Boult (1889-1983) – THE COMPLETE VAUGHAN WILLIAMS RECORDINGS. Ralph Vaughan Williams (1872-1958) : Intégrale des 9 Symphonies ; Norfolk Rhapsody n°1 ; In the Fen Country ; The Lark Ascending ; The Wasps, aristophanic suite ; Fantasia on « Greensleeves » (arrangement Ralph Greaves) ; Fantasia on a Theme by Thomas Tallis ; English Folk Song suite (arrangement Gordon Jacob) ; Serenade to Music (version originale et version pour chœur) ; Toward the Unknown Region ; Partita for double string orchestra ; Concerto Grosso for string orchestra ; Concerto en ut pour deux pianos et orchestre ; Job – A Masque for Dancing ; Dona Nobis Pacem ; Fantasia (quasi variazione) on the Old 104th Psalm Tune ; A Song of Thanksgiving ; Flos Campi ; Concerto pour violon en ré mineur « Concerto Accademico » ; The Pilgrim’s Progress. Sir Adrian en répétition (The Pilgrim’s Progress). Vitya Vronsky, Victor Babin, Peter Katin, piano. Harry Gabb, orgue. Hugh Bean, Jean Pougnet, Yehudi Menuhin, violon ; William Primrose, violon alto. Divers solistes du chant. Luton Choral Society ; BBC Chorus ; London Philharmonic Choir. London Philharmonic Orchestra, London Symphony Orchestra, Philharmonia Orchestra, New Philharmonia Orchestra, BBC Symphony Orchestra, Royal Festival Orchestra and Choir, direction : Sir Adrian Boult. 1 coffret 13 CD EMI 9035672. Code barre : 5099990356728. Enregistré entre 1940 et 1976 au Kingsway Hall ; au Wembley Town Hall ; au Studio n°1, Abbey Road ; Londres. ADD [stéréo/mono]. Notices trilingues (anglais, allemand, français) bonnes. Durée : 16 h 03’34.

 
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