Agréable surprise de l’Orchestre de Paris

Concerts, La Scène, Musique symphonique

Paris. Salle Pleyel. 26-IX-2013. Francis Poulenc (1899-1963) : Les Animaux modèles, suite d’orchestre ; Concerto pour deux pianos et orchestre en ré mineur. Piotr Ilitch Tchaïkovski (1840-1893) : Symphonie n°5 en mi mineur op.64. Katia et Marielle Labèque, piano. Orchestre de Paris, direction Andris Poga

andris_poga_mtp2010Les concerts des 26 et 27 septembre, qui rassemblaient l’ et les sœurs Labèque dans une même soirée Salle Pleyel, ne promettaient guère de miracles : Georges Prêtre dut renoncer à les assurer pour raisons de santé. L’enjeu était de taille pour son jeune remplaçant, , l’un des chefs assistants de Paavo Järvi à l’, confronté à un répertoire exigeant pour sa première apparition en concert d’abonnement salle Pleyel. L’équilibre d’un programme à l’origine destiné à mettre en valeur le génie orchestral français fut modifié, la Symphonie n°5 de Tchaïkovski prenant la place de la Symphonie de Franck ; à l’exception de quelques musicologues chevronnés, qui pouvaient éventuellement y voir le remplacement d’une symphonie « cyclique » par une autre, il était devenu difficile d’apprécier la réelle cohérence d’un programme proposant côte à côte Les animaux modèles de Poulenc, suite d’orchestre inspirée de fables de La Fontaine,  le Concerto pour deux pianos et orchestre du même compositeur, et la Symphonie n°5 de Tchaïkovski. Le plaisir fut d’autant plus fort qu’il était inattendu.

L’Orchestre de Paris, sous la battue énergique d’, a bien rendu le lyrisme coloré des Animaux modèles — occasion, d’ailleurs, pour l’œuvre, de rentrer au répertoire de la prestigieuse phalange. Mais c’est aussi la performance de Katia et qui contribua au succès de ce concert. Panache de l’interprétation malgré des tempi souvent brusques, parfaite osmose de l’ensemble, remarquable complémentarité des deux parties de piano : dès l’entrée en scène des deux sœurs, la fascination opère.

Passer de Poulenc au Tchaïkovski de la Symphonie n°5, c’est quitter le néoclassicisme pour la quintessence du romantisme. Energie communicative, pupitres des vents au meilleur de leur forme, solos parfaitement ciselés, thèmes en tutti joués dans un subtil dosage des nuances, rien n’a manqué pour mettre en valeur la grandeur tragique de l’œuvre en évitant tout excès de pathos : les cinquante minutes de la symphonie ont presque paru trop courtes… A la tête de l’Orchestre de Paris, Andris Poga a conquis le public de la Salle Pleyel.

Crédit photographique : Andris Poga © Riga Professional Symphonic Band

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