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Festival baroque de Pontoise : de Venise à Marie-Antoinette

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Ennery, Eglise Saint-Aubin, 27-IX-2013 : Giovanni Maria Ruggieri (1690-1720) : Prélude pour clavecin, extrait de Armida abbandonata ; Giacomo Maccari (1700-1744) : Cantate « Non mi si dica più » extrait ; Benedetto Marcello (1686-1739) : Sonate n°4 pour violoncelle et basse continue ; Diogenio Bigaglia (1676-1745) : Cantate « Più ch’io cerco del mio bene » extrait ; Barone Emanuele D’Astorga (1693?- 1757?) Cantate « In queste amene selve » extrait ; Pietro Giuseppe Gaetano Boni (seconde moitié 17e – 1750?) : Sonate n° 2 pour violoncelle et basse continue ; Giovanni Maria Ruggieri (1690-1720) : Prélude pour luth, extrait de Armida abbandonata. Pulcinella : Xavier Sabata, contre-ténor ; Ophélie Gaillard, violoncelle et direction ; Brice Sailly, clavecin, Thomas Boysen, théorbe.
Pontoise, Dôme, 28-IX-2013 : Antonio Sacchini (1730-1786) : Duo de Polinice et Antigone, extrait d’Œdipe à Colonne ; Josse-François-Joseph Benaut (1743-1794) : Charment berceau ; Marie-Antoinette, Reine de France (1755-1793) : C’est mon ami ; Antoine Dauvergne (1713-1797) : La beauté pour qui je brûle ; Tircis et Cloris : C’est une folie d’avoir tant d’appâts ; Francesco Antonio Rosetti (1750-1792) : Sonate en ré majeur ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Oiseaux si tous les ans : Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Air d’Orphée extrait d’Orphée et Eurydice ; Duo d’Iphigénie et Achille, extrait d’Iphigénie en Aulide ; Jean-Benjamin Laborde (1734-1794) : Hélas, Non tous les cœurs ; Prest à descendre au tombeau ; Jean-Baptiste Krumpholtz (1742-1790) : L’amante abandonnée, La nuit profonde ; François Petrini (1744-1819) : Les folies d’Espagne avec 12 variations pour harpe op. 28 n° 2 ; Giovanni Paisiello (1740-1816) : Nel cor più non mi sento, extrait de Molinara ; André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813) : Ariette de Tamorin, Duo de Zélime et Saint Phar, extraits de La Caravane du Caire. Isabelle Poulenard, soprano ; Jean-François Lombard, ténor ; Sandrine Chatron, harpe ; Stéphanie Paulet, violon.

I DillettantiLe Festival Baroque de Pontoise propose chaque année des raretés ; parmi les programmes de cette année, on a pu admirer des œuvres de compositeurs amateurs vénitiens et des pièces jouées dans le salon de Marie-Antoinette.

La République de Venise connaît des musiciens célèbres comme Vivaldi, mais aussi des dillettanti, ces amateurs éclairés. Le concert montrait à quel point ces musiciens non professionnels avaient une connaissance approfondie en la matière. Des arias de caractère passionné (Ti sovvenisse almeno de Maccari, Da voi lungi du Barone d’Astorga) aux pièces instrumentales (Sonates de Marcello et de Boni), la facture musicale est bien construite et aucunement maladroite. La valeur de ces morceaux est exacerbée grâce à une excellente interprétation, notamment du contre-ténor . Avec sa voix plutôt d’alto, solide et « terre à terre », il exprime tous les registres émotionnels avec une justesse admirable, tantôt en fureur, tantôt en caresse. Sa prosodie est tout à fait naturelle, en parfaite harmonie avec la ligne mélodique, tout en traitant les phrasés avec une grande élégance (surtout la fin de l’aria Vinto son dalla mia fede de Ruggieri). C’est donc un vrai plaisir des oreilles. Le violoncelle d’ rivalise dans la musicalité du chanteur ; dans les deux Sonates elle  démontre son excellence dans l’expression « vocale » de l’instrument.

Le salon de Marie-AntoinetteLe lendemain, c’est un changement radical du répertoire et de l’époque. A l’initiative de la harpiste , qui joue ce soir sur une harpe originale Erard de 1799 (l’un des rares instruments encore en état de jeu, assez fragile donc pour l’exécution), les musiciens nous transmettent le plaisir de la musique dans l’intimité. Ce sont des pièces jouées dans le salon de Marie-Antoinette ou de compositeurs contemporains, à quoi s’ajoutent quelques arrangements d’opéras, comme cela se pratiquait à l’époque. La musique est souvent d’une grande simplicité comme témoigne C’est mon ami de la Reine. Les quatre musiciens prennent un réel plaisir pour interpréter ces charmantes petites pièces, toujours avec le sourire, certainement comme se comportaient les mélomanes dans les salons de Versailles. En revanche, l’enchaînement de petits morceaux donne une certaine monotonie et même si le choix des compositeurs et des pièces est extrêmement intéressant, le concert aurait été plus apprécié s’il avait été un peu plus court.

Photos : © Jean Kirchhoffer

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Ennery, Eglise Saint-Aubin, 27-IX-2013 : Giovanni Maria Ruggieri (1690-1720) : Prélude pour clavecin, extrait de Armida abbandonata ; Giacomo Maccari (1700-1744) : Cantate « Non mi si dica più » extrait ; Benedetto Marcello (1686-1739) : Sonate n°4 pour violoncelle et basse continue ; Diogenio Bigaglia (1676-1745) : Cantate « Più ch’io cerco del mio bene » extrait ; Barone Emanuele D’Astorga (1693?- 1757?) Cantate « In queste amene selve » extrait ; Pietro Giuseppe Gaetano Boni (seconde moitié 17e – 1750?) : Sonate n° 2 pour violoncelle et basse continue ; Giovanni Maria Ruggieri (1690-1720) : Prélude pour luth, extrait de Armida abbandonata. Pulcinella : Xavier Sabata, contre-ténor ; Ophélie Gaillard, violoncelle et direction ; Brice Sailly, clavecin, Thomas Boysen, théorbe.
Pontoise, Dôme, 28-IX-2013 : Antonio Sacchini (1730-1786) : Duo de Polinice et Antigone, extrait d’Œdipe à Colonne ; Josse-François-Joseph Benaut (1743-1794) : Charment berceau ; Marie-Antoinette, Reine de France (1755-1793) : C’est mon ami ; Antoine Dauvergne (1713-1797) : La beauté pour qui je brûle ; Tircis et Cloris : C’est une folie d’avoir tant d’appâts ; Francesco Antonio Rosetti (1750-1792) : Sonate en ré majeur ; Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Oiseaux si tous les ans : Christoph Willibald Gluck (1714-1787) : Air d’Orphée extrait d’Orphée et Eurydice ; Duo d’Iphigénie et Achille, extrait d’Iphigénie en Aulide ; Jean-Benjamin Laborde (1734-1794) : Hélas, Non tous les cœurs ; Prest à descendre au tombeau ; Jean-Baptiste Krumpholtz (1742-1790) : L’amante abandonnée, La nuit profonde ; François Petrini (1744-1819) : Les folies d’Espagne avec 12 variations pour harpe op. 28 n° 2 ; Giovanni Paisiello (1740-1816) : Nel cor più non mi sento, extrait de Molinara ; André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813) : Ariette de Tamorin, Duo de Zélime et Saint Phar, extraits de La Caravane du Caire. Isabelle Poulenard, soprano ; Jean-François Lombard, ténor ; Sandrine Chatron, harpe ; Stéphanie Paulet, violon.

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