Truls Mørk enchante le Théâtre des Champs-Élysées

Concerts, La Scène, Musique de chambre et récital

Paris, Théâtre des Champs-Élysées. 20-X-2013. Claude Debussy (1862-1918) : Sonate n°1 pour violoncelle et piano en ré mineur. Jean Sibelius (1865-1957) : Malincolia pour violoncelle et piano op.20. Edvard Grieg (1843-1907) : Sonate pour violoncelle et piano en la mineur op.36.
Truls Mørk, violoncelle ; Christian Ihle Hadland, piano

truls morkC’est avec beaucoup de pudeur que et son compatriote norvégien ont abordé cette Sonate pour violoncelle et piano de Debussy, composée à peine trois ans avant la mort du compositeur. Dans un climat grave qui n’était pas sans rappeler les ouvertures à la française de Jean-Baptiste Lully, le chant du violoncelle se déploya avec une grande liberté, soutenu par un piano aussi minimaliste qu’éloquent. Après cette entrée en matière captivante, la Sérénade s’avéra quelque peu décevante, l’impact des nombreux pizzicati se perdant dans une salle que l’on aurait voulu de taille plus réduite. En revanche, le Final tint véritablement ses promesses de légèreté et de contrastes, les deux musiciens évoluant avec beaucoup aisance et de volubilité.

Malinconia de Sibelius fut sans doute la pièce la moins aboutie de ce concert dominical : le thème, très expressif, fruit d’une longue introduction construite sur le dialogue des deux instruments, sembla  malheureusement être le sujet d’une « lutte » entre le violoncelle et le piano ; le premier ayant perdu toute sa rondeur tandis que le second, trop sonore, mêlait accords très denses et pédale confuse. Néanmoins, ce petit bémol fut vite oublié avec la Sonate en la mineur op.36 de Grieg : après le jeu très intérieur de dans Debussy, on était ravi de le découvrir sous une autre facette,  sa verve romantique et le son particulièrement chaleureux de son Montagnana (1723) se prêtant  très bien à ce répertoire. Si les imperfections répétées du pianiste dans le premier mouvement nous laissèrent tout d’abord perplexe, la suite se révéla à la hauteur de nos espérances : l’atmosphère rêveuse du deuxième mouvement fut servie de façon remarquable par un violoncelle très pur et un piano tout aussi délicat. Brillamment interprété, le troisième mouvement séduisit le public par ses couleurs folkloriques, sa fougue et l’indéniable charisme des deux complices. Très applaudis, ils conclurent le concert avec une Romance de Sibelius aussi chantante que raffinée, bref, un bis à l’image de cette belle heure de musique.

Truls Mørk © Stéphane de Bourgies

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