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Königskinder de Humperdinck : le massacre des innocents

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Engelbert Humperdinck (1854 – 1921) : Königskinder, opéra en 3 actes sur un livret du compositeur. Avec : Daniel Behle (Le fils du Roi), Amanda Majeski (La gardeuse d’oies), Julia Juon (La sorcière), Franz Mayer (Le doyen du Conseil), Nikolay Borchev (Le musicien), Dietrich Volle (L’aubergiste), Nina Tarandek (La fille de l’aubergiste), Beau Gibson (Le tailleur), Thomas Charrois (1er garde), Garegin Hovsepian (2nd garde), Magnús Baldvinsson (Le bûcheron), Martin Mitterrutzner (Le faiseur de balais), Chiara Bäuml (Sa fille), Katharina Magiera (La fille d’écurie), Claudia Grunwald (Une femme). Chor der Oper Frankfurt (chef de chœur : Matthias Köhler) ; Orchestre de l’Opéra et du Musée de Francfort, direction : Sebastian Weigle. 3 CD Oehms Classics OC 946. Code barre : 4260034869431. Enregistré en direct en septembre et octobre 2012 à l’Opéra de Francfort. Notice bilingue (allemand, anglais), texte chanté en allemand. Durée : 166’02’’

 

Konigskinder_oehms
Ce serait une injustice de penser qu’avec ses Enfants royaux, Humperdinck a simplement voulu recommencer Hänsel et Gretel, et renouer ainsi avec un succès qu’il n’a jamais retrouvé. Mélodrame transformé en opéra, le conte de fées est en fait un récit tragique où les innocents, les marginaux, et la Sorcière elle-même, sont impitoyablement broyés par la bêtise humaine. La figure du Musicien méprisé et mutilé par la foule résume la noirceur surprenante de l’œuvre. C’est certainement pour cela que, en dépit d’une partition vigoureuse et de haute qualité, l’opéra est rapidement sorti du répertoire courant après sa création au Metropolitan Opera en 1910.

Cela étant, la discographie de l’opéra est assez riche et de très bon niveau, surtout grâce à de récentes reprises dans les théâtres germaniques, dont celle-ci, qui vient de Francfort. On a choisi de la comparer avec trois enregistrements couramment disponibles et qui présentent chacun leur intérêt : une version historique, réalisée en 1952 pour la Westdeutscher Rundfunk, avec Peter Anders et le jeune Dietrich Fischer-Dieskau ; le premier enregistrement stéréo, pour EMI, avec Helen Donath et Hermann Prey, sous la direction de Heinz Wallberg (1976), et une captation du Festival de Montpellier de 2005, avec Armin Jordan et Jonas Kaufmann. Il s’avère que, même si ces versions sont supérieures sur des points précis, c’est la nouvelle venue qui paraît la plus réussie dans l’ensemble. La raison en est certainement l’excellence du travail accompli par les artistes, dont beaucoup appartiennent à la troupe locale.

De nombreux enregistrements, dont une Tétralogie en DVD, ont déjà fait connaître la valeur des forces de Francfort. L’orchestre rachète une certaine âpreté de timbres par sa précision et son énergie. En fait, cette lecture a l’avantage d’offrir autant de détail instrumental que ses rivales modernes, dans une prise de son sans défaut, mais également de retrouver l’efficacité de la version de 1952, dirigée par Richard Kraus, un vieux routier de la fosse d’orchestre. L’incarnation vocale et théâtrale des rôles secondaires est globalement très satisfaisante. peut sembler frêle par rapport à Peter Anders et un peu incolore par rapport à Jonas Kaufmann, et pourtant il assume le rôle du Prince avec souplesse vocale, fraîcheur de ton et poésie. En Musicien au superbe timbre, soutient quasiment la comparaison avec Fischer-Dieskau, et son élégance en remontre certainement à un Hermann Prey décevant. Enfin, on pourra trouver Amanda Majeski un tout petit peu moins bouleversante que Helen Donath, mais c’est dire le niveau d’accomplissement musical et théâtral auquel se trouve son admirable Gardeuse d’oies, un rôle pourtant redoutable. Il faut encore mentionner les chœurs, même si les enfants ne sont pas aussi ravissants que ceux de Tölz (version EMI), pour souligner à nouveau la qualité d’ensemble comme ce qui fait le prix de cette nouvelle version.

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Engelbert Humperdinck (1854 – 1921) : Königskinder, opéra en 3 actes sur un livret du compositeur. Avec : Daniel Behle (Le fils du Roi), Amanda Majeski (La gardeuse d’oies), Julia Juon (La sorcière), Franz Mayer (Le doyen du Conseil), Nikolay Borchev (Le musicien), Dietrich Volle (L’aubergiste), Nina Tarandek (La fille de l’aubergiste), Beau Gibson (Le tailleur), Thomas Charrois (1er garde), Garegin Hovsepian (2nd garde), Magnús Baldvinsson (Le bûcheron), Martin Mitterrutzner (Le faiseur de balais), Chiara Bäuml (Sa fille), Katharina Magiera (La fille d’écurie), Claudia Grunwald (Une femme). Chor der Oper Frankfurt (chef de chœur : Matthias Köhler) ; Orchestre de l’Opéra et du Musée de Francfort, direction : Sebastian Weigle. 3 CD Oehms Classics OC 946. Code barre : 4260034869431. Enregistré en direct en septembre et octobre 2012 à l’Opéra de Francfort. Notice bilingue (allemand, anglais), texte chanté en allemand. Durée : 166’02’’

 
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