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Concert du Jour de l’Indépendance de la Finlande

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6.XII-2013. Helsinki, Helsinki Music Center. Magnus Lindberg (né en 1958): Concerto pour clarinette. Jean Sibelius (1865-1957): Aallottaret (Les Océanides), Op. 73. Leevi Madetoja (1887-1947): Symphony No. 3, Op. 55. Kari Kriikku, clarinette. Orchestre symphonique de la radio finlandaise, direction : Jukka-Pekka Saraste.

Jukka-Pekka SarasteBien que les concerts de musique finlandaise en Finlande sont fréquents, le répertoire se limite généralement à Sibelius ou à d’autres compositeurs vivants , tels que les «trois grands » , Esa-Pekka Salonen et Kaija Saariaho. Chaque 6 décembre, jour de l’indépendance de la Finlande, Helsinki donne au public la possibilité de profiter d’un après-midi de musique orchestrale finlandaise. Le concert de cette année proposait des compositeurs qui ont parfois été largement oubliés.

Le programme de cette année a commencé avec le Concerto pour clarinette de , avec les interprètes de la création. L’oeuvre commence par une mélodie simple , lyrique dans le solo de clarinette , qui évolue rapidement vers une dimension blues et ludique. Cette idée de départ commence alors son voyage à travers l’oeuvre, et revient dans des contextes différents. Semblable à d’autres œuvres majeures du compositeur de la dernière décennie, on peut trouver une qualité cristalline et brillante à travers les textures serrées et en ondulations. Dans la cadence solo, exécutée sans effort par , qui mène à un final bref et animé, Lindberg exploite à peu près toutes les techniques possibles de la clarinette. Le climax final est jubilatoire et rempli de soleil. Après un passage de clarinette solo qui invoque Rhapsody in Blue de Gershwin, le travail conclut sur ​​un ut majeur d’accomplissement.

Il serait difficile d’imaginer une meilleure interprétation de cette oeuvre. Le soliste, , est essentiellement le partenaire incontournable de Lindberg pour tout ce qui a trait à la clarinette virtuose, l’ est tout à fait à l’aise avec le style orchestral de Lindberg, et Saraste a lui-même joué et enregistré la musique du compositeur à de nombreuses reprises.

Après la pause , le compositeur national de la Finlande a été mis à contribution. Bien que Les Océanides (Aallotaret) de   est l’un des ses poèmes symphoniques les moins fréquemment exécutés, cette pièce peut facilement figurer à côté de ses autres chefs-d’œuvre. L’œuvre s’ouvre avec des vagues lointaines, invoquées par les violons et les timbales. Deux flûtes dansent joyeusement dessus , bientôt rejoint par des harpes. Sibelius ne travaille pas avec de vrais thèmes, mais avec un ensemble de motifs et de gestes récurrents. Comme prévu dans une pièce représentant la mer, l’énergie des vagues s’accumule, en rassemblant les forces dans les cuivres et les harpes ondulantes. Cependant, Sibelius nous donne qu’un seule véritable vague « écrasante », représentée par une cadence V-I massive en ré majeur. La mer se calme rapidement, et le poème se termine par un beau clair de lune miroitant sur ​​la mer.

Alors que Sibelius (et Saraste par la même occasion) évite généralement la grandiloquence, Saraste aurait pu déclencher un peu plus de puissance dans la dernière vague, mais cela aurait pu se faire au sacrifice du détail instrumental. Néanmoins, Saraste a rendu cette pièce avec clarté, et son attention particulière à l’équilibre entre les cors et les bois face aux cordes était remarquable.

Malgré l’ombre imposante que Sibelius continue de projeter sur la musique classique en Finlande, d’autres compositeurs finlandais n’ont pas hésité à écrire dans le même genre que celui que Sibelius maîtrisait  : la symphonie . La Symphonie n°3 de (1922-1926) a été rédigée précisément au moment où Sibelius mettait un terme à sa carrière de compositeur. Bien que ce travail montre un compositeur sûr de son métier, la symphonie manque en général de caractère. Le mouvement d’ouverture peut rappeler Nielsen, mais avec moins de vitalité . Le deuxième mouvement fait allusion à quelque chose de plus sombre, mais Sibelius dans sa Symphonie n°4 ou même Rautavaara dans sa série sur les Anges sont plus convaincants. Le troisième mouvement turbulent apparut comme le meilleur, avec des textures contrapuntiques claires, une belle mélodie au violon, et une danse rustique mais aux pieds légers. Le quatrième et dernier mouvement se termine par une fanfare de cuivres entraînante, et rappelle un peu la conclusion de la Symphonie n°2 de Sibelius , mais avec plus de retenue.

Comme le concert de cet après-midi célèbrait l’indépendance de la Finlande, un seul travail pouvait conclure le programme : Finlandia de Sibelius. Saraste en a réalisé une interprétation imposante, laissant même un peu de place à de l’emphase.

Crédit photographique : © Thomas Kost

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6.XII-2013. Helsinki, Helsinki Music Center. Magnus Lindberg (né en 1958): Concerto pour clarinette. Jean Sibelius (1865-1957): Aallottaret (Les Océanides), Op. 73. Leevi Madetoja (1887-1947): Symphony No. 3, Op. 55. Kari Kriikku, clarinette. Orchestre symphonique de la radio finlandaise, direction : Jukka-Pekka Saraste.

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