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Metz : Stutzmann et Jaroussky en duo

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Metz. Arsenal. 6-XII-2013. Antonio Vivaldi (1678-1741) : concerto pour cordes et basse continue en sol mineur, RV 157 ; air « Lo seguitai felice », extrait de L’Olimpiade ; adagio du concerto pour cordes en do majeur, RV 109 ; air « Vedrò con mio diletto », extrait de Il Giustino; air « Gelido in ogni vena », extrait de Il Farnace ; allegro molto du Concerto pour cordes en do majeur, RV 109 ; air « Gemo in un punto e fremo » et duo « Ne’giorni tuoi felici », extraits de L’Olimpiade. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : ouverture de Serse ; air « Se fiera belva ha cinto », extrait de Rodelinda ; sinfonia de l’Acte 3 de Serse ; aria « Qual nave smarrita », extrait de Radamisto ; adagio de la Sinfonia HWV 338 pour cordes et basse continue en si mineur ; air « Scherza infida », extrait de Ariodante ; largo du concerto grosso op. 3 n°2 ; sinfonia de l’Acte 3 d’Orlando ; air « Crude furie », extrait de Serse ; ballet des bergers et des bergères, Acte 3 d’Amadigi ; duo « Caro/Cara », extrait d’Atalanta. Avec : Philippe Jaroussky, contreténor ; Nathalie Stutzmann, contralto. Orfeo 55, direction : Nathalie Stutzmann.

Philippe Jaroussky 2_cop_ Simon Fowler licensed to Virgin ClassicsCeux qui ont eu la chance de les entendre au concert dans Giulio Cesare savent à quel point leurs deux timbres se marient bien, les sonorités argentées de , non dénuées de quelques aigreurs, se superposant idéalement aux graves chauds et mordorés de .
Le duo de Sesto et Cornelia qui clôt le premier acte aura fourni à la soirée de l’Arsenal de Metz le bis que toute la salle attendait.

Mais le concert aura surtout montré deux tempéraments et deux musicalités aux antipodes les uns des autres. Si Stutzmann communique généralement dans l’élan, dans la rondeur et dans la spontanéité, la conception chambriste, parfois à la limite de la rigidité, de Jaroussky ne convient pas toujours aux airs d’opéra qu’il a la charge d’interpréter. Ainsi, le « Gelido in ogni vena » de Farnace, d’un raffinement presque excessif dans ces ciselures diaphanes, accuse cruellement les faiblesses du grave et surtout, plus gênant dans un tel contexte, l’absence de drame et de théâtralité d’une voix qui semble destinée au concert plus qu’à la scène. Si la tessiture du redoutable « Crude furie » de Serse convient mieux à son instrument, la folie et la démesure meurtrières du personnage éponyme font totalement défaut à notre contreténor national. On craque cependant, en milieu de deuxième partie, devant la sobriété et la maîtrise vocale d’un « Qual nave smarrita » d’anthologie.

est égale à elle-même avec sa voix pulpeuse et charnue, maîtresse absolue non seulement d’un instrument dont elle sait obtenir toutes les nuances, mais également de son orchestre , dont elle fait tout ce qu’elle veut. À l’aise autant chez Vivaldi que chez Haendel, elle atteint des sommets d’émotion dans un « Scherza infida » d’une retenue et d’une intensité hors du commun. En toute fin de programme, le duo d’Atalanta, donné avec tout l’humour et le second degré ironique qui conviennent, aura permis d’accorder ces deux tempéraments antithétiques. Le dernier bis, ce petit chef d’œuvre d’humour que constitue le duo d’Arsace et de Rosmira « E vuoi con dure tempre », à l’acte 2 de la Partenope de Haendel, aura lui aussi contribué au triomphe de la soirée.

Crédit photographique : © Simon Fowler

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Metz. Arsenal. 6-XII-2013. Antonio Vivaldi (1678-1741) : concerto pour cordes et basse continue en sol mineur, RV 157 ; air « Lo seguitai felice », extrait de L’Olimpiade ; adagio du concerto pour cordes en do majeur, RV 109 ; air « Vedrò con mio diletto », extrait de Il Giustino; air « Gelido in ogni vena », extrait de Il Farnace ; allegro molto du Concerto pour cordes en do majeur, RV 109 ; air « Gemo in un punto e fremo » et duo « Ne’giorni tuoi felici », extraits de L’Olimpiade. Georg Friedrich Haendel (1685-1759) : ouverture de Serse ; air « Se fiera belva ha cinto », extrait de Rodelinda ; sinfonia de l’Acte 3 de Serse ; aria « Qual nave smarrita », extrait de Radamisto ; adagio de la Sinfonia HWV 338 pour cordes et basse continue en si mineur ; air « Scherza infida », extrait de Ariodante ; largo du concerto grosso op. 3 n°2 ; sinfonia de l’Acte 3 d’Orlando ; air « Crude furie », extrait de Serse ; ballet des bergers et des bergères, Acte 3 d’Amadigi ; duo « Caro/Cara », extrait d’Atalanta. Avec : Philippe Jaroussky, contreténor ; Nathalie Stutzmann, contralto. Orfeo 55, direction : Nathalie Stutzmann.

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