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Walter et Reiner, deux chefs légendaires à leur affaire

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BRUNO WALTER DIRIGE MOZART. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonies n°25 en sol mineur, K. 183 ; n°28 en ut majeur, K. 200 ; n°29 en la majeur, K. 201 ; n°35 en ré majeur, K. 385 « Haffner » ; n°36 en ut majeur, K. 425 « Linz » ; n°38 en ré majeur, K. 504 « Prague » ; n°39 en mi bémol majeur, K. 543 ; n°40 en sol mineur, K. 550 ; n°41 en ut majeur, K. 551 « Jupiter » ; Concertos pour violon n°3 en sol majeur, K. 216 ; n°4 en ré majeur, K. 218 ; Sérénade n°13 en sol majeur, K. 525 « Eine Kleine Nachtmusik » ; Menuett & Trio K. 568 n°1 & K. 599 n°5 ; Deutsche Tänze K. 605 n°1-3 ; Maurerische Trauermusik, K. 477 ; Ouvertures Der Schauspieldirektor, K. 486 ; Le Nozze di Figaro, K. 492 ; Così Fan Tutte, K. 588 ; Die Zauberflöte, K. 620 ; Requiem en ré mineur, K. 626. Zino Francescatti, violon. Irmgard Seefried, soprano ; Jennie Tourel, alto ; Léopold Simoneau, ténor ; William Warfield, basse. The Westminster Choir (chef de chœur : John Finley Williamson). Columbia Symphony Orchestra, New York Philharmonic Orchestra (Requiem), direction : Bruno Walter. 1 coffret 6 CD Sony Classical « Masters » 88697906832. Code barre : 886979068322. Enregistré entre décembre 1954 et mars 1961 aux 30th Street Studios, à Carnegie Hall, New York City ; à l’American Legion Hall, Hollywood. ADD [stéréo/mono]. Pas de notices. Durée : 6 h 11’01.

FRITZ REINER DIRIGE RICHARD STRAUSS. Richard Strauss (1864-1949) : Also sprach Zarathustra, op. 30 ; Ein Heldenleben, op. 40 ; Tod und Verklärung, op. 24 ; Don Juan, op. 20 ; Don Quichotte, op. 35 ; Sinfonia Domestica, op. 53 ; Le Bourgeois Gentilhomme, op. 60 ; Burleske pour piano et orchestre en ré mineur ; Der Rosenkavalier : valses ; Elektra op. 58 (extraits) ; Salomé op. 54 (extraits). John Weicher, violon ; Milton Preves, violon alto ; Antonio Janigro, violoncelle ; Byron Janis, piano. Inge Borkh (Elektra, Salomé), Frances Yeend (Chrysothemis), Paul Schoeffler (Oreste). Chicago Lyric Theatre Chorus. Chicago Symphony Orchestra, RCA Victor Symphony Orchestra (Tod und Verklärung), direction : Fritz Reiner. 1 coffret 5 CD Sony Classical RCA « Masters » 88697686992. Code barre : 886976869922. Enregistré entre septembre 1950 et février 1960 à l’Orchestra Hall de Chicago. ADD [stéréo/mono]. Pas de notices. Durée : 5 h 27’09.

 

sony_richard_strauss_fritz_reinerDans sa belle série « Masters », Sony Classical fait voisiner deux chefs d’orchestre qui, à première vue, ont peu de chose en commun : (1876-1962) dont les interprétations sont constamment illuminées d’une profonde humanité, et l’irascible (1888-1963) qui régna en maître absolu et intransigeant sur son Orchestre Symphonique de Chicago dont il fit l’une des meilleures phalanges mondiales.

Et pourtant, comme beaucoup de musiciens ayant vécu au tournant des XIXe-XXe siècles, ces deux chefs légendaires qui subirent une Europe en tourmente durent s’expatrier et, dans leur cas, choisir les USA comme destination finale. nous laisse des gravures toujours de référence pour la Columbia américaine (CBS) de Gustav Mahler, qu’il côtoya personnellement, Beethoven, Schubert, et surtout Mozart qu’il dirigeait comme peu. , dont le répertoire allait jusqu’à des pages de Rolf Liebermann (1910-1999) mêlant jazz band et orchestre symphonique, admirait par-dessus tout Mozart, fut un temps proche de et nous légua des témoignages straussiens chez RCA-Victor qui restent de redoutables concurrents de ceux de Clemens Krauss, Karl Böhm et autre Rudolf Kempe. Lorsque l’on sait par ailleurs que , de son côté, fut un immense chef mozartien (d’éloquents témoignages au disque en attestent), entre nos deux chefs, la boucle est bouclée, qui montre, malgré leur différence de caractère, un même credo artistique et de communes affinités, s’agissant de leur compositeur de prédilection.

Bruno Walter et Mozart. Toute une existence au service d’un compositeur de génie, qui trouve son aboutissement dans les ultimes gravures ici présentes intégralement. Dans une chronique précédente consacrée à un imposant album en hommage à Bruno Walter, nous avions précisé que pour les Symphonies nos35 à 41 de Mozart, Sony avait choisi les versions monophoniques des années 1953-1956. Ici, le coffret « Masters » nous en propose les ultimes versions stéréophoniques de 1959-1960 qui offrent évidemment une nette plus-value sonore. Il est évident que depuis ces gravures mémorables, nous avons connu une multitude d’excellents chefs mozartiens, mais lequel autre que Walter a restitué ces pages de Mozart avec une telle intuition, une telle subtilité faite de tendresse affectueuse et enchanteresse ? À travers ces interprétations exhaustives, d’un naturel confondant, Bruno Walter atteint à une perfection qui tient vraiment du miracle, et il est vraiment heureux que cette perfection nous soit définitivement restituée sur CD en une telle qualité sonore, s’agissant de l’âge de ces enregistrements. On regrettera d’autant plus – mais c’était coutumier à cette époque – l’absence totale systématique des reprises (sauf celles des menuets), malgré le fait que Bruno Walter lui-même, questionné sur ce point par un critique, avouait sans honte « ne pouvoir tout simplement revenir en arrière » !

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RCA-Victor eut la chance d’avoir en ses rangs le légendaire ingénieur–musicien–producteur John « Jack » Pfeiffer (1920-1996), pionnier de la stéréophonie, qui accomplit d’innombrables captations « Living Stereo » pour ce label, à l’avantage de chefs d’orchestre comme Charles Munch, Eugene Ormandy, Fritz Reiner et Leopold Stokowski. Pour sa part, Reiner bénéficia de l’équivalent de plus de 60 LPs selon cette technique, parmi lesquels ses incomparables gravures d’œuvres de son compatriote Béla Bartók. Mais il fut également l’admirable interprète des grands classiques, de Wagner, et surtout de  : le tout premier, il enregistra en stéréo Ein Heldenleben op. 40 (6 mars 1954) et Also sprach Zarathustra op. 30 (8 mars 1954), versions qui font toujours autorité actuellement, malgré des versions plus récentes (le Zarathustra de Rudolf Kempe est plutôt décevant, et Fritz Reiner nettement préférable). Seule très légère déception, le Don Quichotte op. 35 (11 avril 1959) où Fritz Reiner n’est nullement en cause, mais le violoncelliste Antonio Janigro, au demeurant superbe interprète dans le répertoire baroque et classique, nous gratifie d’une sonorité trop étriquée pour être satisfaisante dans Strauss (on pense notamment à Pierre Fournier, Paul Tortelier ou Mstislav Rostropovitch, nettement plus convaincants). Mais ce détail n’est qu’une question de goût, et cette anthologie Strauss qui rassemble la plupart des gravures stéréophoniques de Fritz Reiner relatives au compositeur bavarois fera très certainement le bonheur de nombreux discophiles mélomanes : apparemment seules y font défaut la seconde version RCA de Also sprach Zarathustra (30 avril 1962) par un Reiner déjà affaibli par sa crise cardiaque du 7 octobre 1960, ainsi que Till Eulenspiegels lustige Streiche op. 28 et Tod und Verklärung op. 24 avec les Wiener Philharmoniker, captés il est vrai par Decca le 7 septembre 1956, mais un temps publié par RCA au temps du microsillon.

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BRUNO WALTER DIRIGE MOZART. Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) : Symphonies n°25 en sol mineur, K. 183 ; n°28 en ut majeur, K. 200 ; n°29 en la majeur, K. 201 ; n°35 en ré majeur, K. 385 « Haffner » ; n°36 en ut majeur, K. 425 « Linz » ; n°38 en ré majeur, K. 504 « Prague » ; n°39 en mi bémol majeur, K. 543 ; n°40 en sol mineur, K. 550 ; n°41 en ut majeur, K. 551 « Jupiter » ; Concertos pour violon n°3 en sol majeur, K. 216 ; n°4 en ré majeur, K. 218 ; Sérénade n°13 en sol majeur, K. 525 « Eine Kleine Nachtmusik » ; Menuett & Trio K. 568 n°1 & K. 599 n°5 ; Deutsche Tänze K. 605 n°1-3 ; Maurerische Trauermusik, K. 477 ; Ouvertures Der Schauspieldirektor, K. 486 ; Le Nozze di Figaro, K. 492 ; Così Fan Tutte, K. 588 ; Die Zauberflöte, K. 620 ; Requiem en ré mineur, K. 626. Zino Francescatti, violon. Irmgard Seefried, soprano ; Jennie Tourel, alto ; Léopold Simoneau, ténor ; William Warfield, basse. The Westminster Choir (chef de chœur : John Finley Williamson). Columbia Symphony Orchestra, New York Philharmonic Orchestra (Requiem), direction : Bruno Walter. 1 coffret 6 CD Sony Classical « Masters » 88697906832. Code barre : 886979068322. Enregistré entre décembre 1954 et mars 1961 aux 30th Street Studios, à Carnegie Hall, New York City ; à l’American Legion Hall, Hollywood. ADD [stéréo/mono]. Pas de notices. Durée : 6 h 11’01.

FRITZ REINER DIRIGE RICHARD STRAUSS. Richard Strauss (1864-1949) : Also sprach Zarathustra, op. 30 ; Ein Heldenleben, op. 40 ; Tod und Verklärung, op. 24 ; Don Juan, op. 20 ; Don Quichotte, op. 35 ; Sinfonia Domestica, op. 53 ; Le Bourgeois Gentilhomme, op. 60 ; Burleske pour piano et orchestre en ré mineur ; Der Rosenkavalier : valses ; Elektra op. 58 (extraits) ; Salomé op. 54 (extraits). John Weicher, violon ; Milton Preves, violon alto ; Antonio Janigro, violoncelle ; Byron Janis, piano. Inge Borkh (Elektra, Salomé), Frances Yeend (Chrysothemis), Paul Schoeffler (Oreste). Chicago Lyric Theatre Chorus. Chicago Symphony Orchestra, RCA Victor Symphony Orchestra (Tod und Verklärung), direction : Fritz Reiner. 1 coffret 5 CD Sony Classical RCA « Masters » 88697686992. Code barre : 886976869922. Enregistré entre septembre 1950 et février 1960 à l’Orchestra Hall de Chicago. ADD [stéréo/mono]. Pas de notices. Durée : 5 h 27’09.

 
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