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Le SWR Sinfonieorchester à Dijon, tout en contraste et en finesse

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Dijon, Auditorium, 19-XII-2013. Arnold Schoenberg (1874-1951) : Concerto pour violon op. 36. Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n° 9 en ré mineur. Michael Barenboïm, violon. SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg, direction : Michael Gielen

barenboim-michaelL’orchestre en voie de disparition de la SWR effectue une de ses dernières tournées avec un de ses chefs honoraire, , venu diriger son répertoire de prédilection.

Le concerto de Schoenberg a été écrit « pour un violoniste à six doigts », dixit l’auteur : en effet, doubles cordes, harmoniques acrobatiques et traits périlleux se succèdent sans laisser le temps à l’interprète de se remettre de ses émotions. Il faut à de l’audace, un goût prononcé pour le challenge et surtout une maîtrise absolue de son instrument. Face à ce défi que traduit l’agressivité dont est rempli le premier mouvement, et qu’expriment aussi le lyrisme mesuré du second et la virtuosité du troisième, il faut admirer sans réserve le calme avec lequel l’interprète domine la question ; ajoutons que l’orchestre donne la réplique avec panache et dialogue avec des sonorités surprenantes qui ajoutent beaucoup d’intérêt au propos. Si l’interprétation de Michael Barenboim est parfaite sur le plan technique, elle reste froide et ne traduit pas le post-romantisme sur-expresif contenu dans l’œuvre.

La Symphonie n°9, inachevée, d’, testament religieux du compositeur, est une sorte de résumé de son œuvre et de ses procédés d’écriture : d’une part, il se cite tout au long des trois mouvements, et d’autre part il ne renie pas son instrument de Sankt-Florian. En effet, trémolos des cordes, superpositions de strates de timbres différents, oppositions de masses comme des jeux d’orgue, tout cela abonde sans surprise. L’orchestre est conduit avec une sûreté sans faille par qui donne à cette œuvre toute la force qui lui convient. On admire sans réserve la parfaite cohésion des cordes, notamment dans les pizzicati, l’éclat wagnérien des cuivres renforcés par les tuben, la précision de la timbale, et les soli des bois dans le scherzo. Le chef prend le parti évident de jouer sur les contrastes de nuances et cela donne à cette œuvre  monumentale un aspect hiératique qui exprime une foi qui ne se discute pas.

L’ montre là tout son engagement et sa compétence ; il est simplement regrettable que cet ensemble disparaisse des scènes européennes.

Crédit photographique : Michaël Barenboïm © DR

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Dijon, Auditorium, 19-XII-2013. Arnold Schoenberg (1874-1951) : Concerto pour violon op. 36. Anton Bruckner (1824-1896) : Symphonie n° 9 en ré mineur. Michael Barenboïm, violon. SWR Sinfonieorchester Baden-Baden und Freiburg, direction : Michael Gielen

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