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Mariss Jansons et les Wiener Philharmoniker à Salzbourg

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Richard Strauss (1864-1949) : Don Juan Op.20. Richard Wagner (1813-1883) : Wesendonk-Lieder. Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n°1 en ut mineur op.68. Nina Stemme, soprano, Orchestre Philharmonique de Vienne, direction : Mariss Jansons. 1 DVD Euroarts. Réf. : 2072624. Enregistré au Großes Festpielhaus de Salzbourg en août 2012. Réalisateur : Brian Large. NTSC 16/9, son PCM Stéreo, DD 5.0, DTS 5.0. Sous-titres : anglais-français-allemand. Zone 0. Notice trilingue (anglais-allemand-français). Durée : 95’

 

DVD_ Euroarts_Brahms Wagner Strauss_Stemme JansonsAvec ce concert de festival, puisque nous sommes à Salzbourg, fait chanter le Philharmonique de Vienne dans son répertoire historique avec le Don Juan de Strauss et la Symphonie n°1 de Brahms, deux œuvres que cet orchestre a dû jouer plus souvent que bien d’autres, Berlin excepté peut-être, ajoutant entre ces deux pièces purement symphoniques, les Wesendonk-lieder interprétés par celle qui est certainement une des meilleures sopranos wagnérienne du moment, . Tous les éléments étaient ainsi réunis devant les caméras de Brian Large pour réaliser un grand concert que nous restitue désormais Euroarts en DVD et Blu-ray.

Et le moins que l’on puisse dire est que ça commence rudement bien avec un Don Juan plein d’allant et de poésie qui reste constamment expressif. Démarrant sur les chapeaux de roues, l’orchestre brille de tous feux quelque soit l’épisode conté par ce poème symphonique, se montrant parfaitement à l’aise du premier violon, ce jour- là exemplaire dans tous ses solos, jusqu’aux cuivres et percussions. Jouant sans doute plus librement et spontanément que le Concertgebouw dans son enregistrement de 2007 chez RCO Live, le Philharmonique de Vienne permet au chef d’aller plus loin dans l’intensité expressive, les contrastes et la caractérisation des climats successifs, ajoutant juste la touche qui faisait défaut à l’enregistrement RCO pour totalement convaincre. Ce faisant, nous tenons là une magnifique version de Don Juan, dramatique et expressive à souhait, et nettement la plus recommandable sous la direction de ce chef.

Si la qualité orchestrale ne baisse pas d’un pouce pour les Wagner qui suivent, le ton change clairement, moins énergique et dynamique, plus lyrique et musical. Ainsi ce ne sont pas les plus dramatiques Wesendonk-lieder que nous offrent ici et , s’éloignant quelque peu de l’influence du Tristan et Isolde plus prégnant sous d’autres baguettes. Exécutée clairement dans l’esprit plus intime du lied que de l’opéra, cette version laisse la part belle à la voix de la soprano suédoise qui assure alors admirablement son rôle. Le timbre est magnifique, avec ce qu’il faut de charnel pour frissonner sans sentimentaliser le discours. La voix sait varier ton et intensité pour suivre sans défaut les nuances demandées par Wagner. Et l’accompagnement orchestral tisse autour d’elle un coussin sonore élégant et noblement confortable.

Avec la Symphonie n°1 de Brahms, Mariss Jansons nous ramène à la grande tradition de direction d’orchestre du temps des Böhm, Karajan ou Mravinsky, avec des tempos amples, de larges respirations, et un premier mouvement exécuté sans la reprise. On l’imagine aisément, les Wiener Philharmoniker s’y sentent manifestement chez eux dès l’entame et son fameux Un poco sostenuto puissamment charpenté qui ne court pas la malle-poste, maintenant le sostenuto jusqu’au bout, donnant ainsi toute son importance à cette section introductive, créant le lien organique avec la section suivante, là où beaucoup d’interprétations modernes malheureusement échouent. Le ton général est ainsi donné dès le départ et on peut faire confiance au chef pour le conserver jusqu’à la fin avec une cohérence sans faille. Ainsi avons-nous ici une version expressive sachant alterner tension et détente, équilibrer lyrisme et dynamisme, galber les phrasés, magnifier les couleurs.

Toutefois, et contrairement au présent Don Juan, il nous semble que le chef ne se lâche pas complètement et que certains passages restent un peu sages sinon retenus, ailleurs peut-être un poil trop travaillés dans les phrasés, amenuisant, certes épisodiquement et brièvement, l’évidence et le naturel que cette superbe interprétation, sans doute la meilleure des versions récentes, réussit à atteindre le plus souvent, la laissant juste derrière les toutes meilleures versions historiques, mais vraiment pas loin.

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Richard Strauss (1864-1949) : Don Juan Op.20. Richard Wagner (1813-1883) : Wesendonk-Lieder. Johannes Brahms (1833-1897) : Symphonie n°1 en ut mineur op.68. Nina Stemme, soprano, Orchestre Philharmonique de Vienne, direction : Mariss Jansons. 1 DVD Euroarts. Réf. : 2072624. Enregistré au Großes Festpielhaus de Salzbourg en août 2012. Réalisateur : Brian Large. NTSC 16/9, son PCM Stéreo, DD 5.0, DTS 5.0. Sous-titres : anglais-français-allemand. Zone 0. Notice trilingue (anglais-allemand-français). Durée : 95’

 
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